
De nouvelles données indiquent que le Gulf Stream, ce courant chaud vital qui transporte des eaux tropicales vers le nord de l’Atlantique, se déplace dans cette direction, avec de vastes implications potentielles pour le climat mondial.
Des courants cruciaux
Le Gulf Stream constitue la branche supérieure de la circulation méridionale de retournement de l’Atlantique, ou AMOC. Souvent décrit comme un « tapis roulant », ce système de courants océaniques joue un rôle clé dans le transport des eaux chaudes et salées des tropiques vers le nord. À mesure qu’elles s’approchent du pôle, ces eaux de surface se refroidissent progressivement. Devenant plus denses, elles s’enfoncent dans les profondeurs de l’océan et le cycle recommence.
Avec l’augmentation rapide des températures des océans et la fonte accélérée des glaces du Groenland, qui se réchauffe jusqu’à quatre fois plus vite que le reste du globe, de nombreux chercheurs craignent que l’AMOC ne ralentisse significativement au cours des prochaines décennies. On estime que depuis les années 1950, il a perdu environ 15 % de sa force.
Si son effondrement ne déclencherait pas l’apocalypse glaciaire mondiale dépeinte dans le film Le Jour d’après, il entraînerait une chute spectaculaire des températures en Europe, et de profonds bouleversements des régimes météorologiques dans tout l’hémisphère nord.
Afin de quantifier l’influence du Gulf Stream sur la dynamique globale de l’AMOC, des climatologues de l’université d’Utrecht ont réalisé une série de simulations avancées, basées sur les dernières données disponibles.

Un décalage significatif du Gulf Stream au cours des dernières décennies
Décrites dans la revue Communications Earth & Environment, les interactions mises en évidence révèlent un déplacement significatif du Gulf Stream vers le nord depuis les années 1990, vraisemblablement dû au ralentissement de l’AMOC.
Les projections prévoient qu’un affaiblissement supplémentaire de l’AMOC déplacera encore davantage le Gulf Stream. À une longitude clé (71,5° Ouest), ce dernier dérivait lentement vers le nord d’environ 133 kilomètres à l’échelle de plusieurs siècles, puis effectuait un bond soudain d’environ 219 kilomètres en seulement deux ans.
Dans l’ensemble, de tels travaux renforcent l’idée qu’un déplacement notable du Gulf Stream annonce la proximité d’un point de basculement pour l’AMOC. Bien que la date à laquelle pourrait se produire cet effondrement reste discutée, la surveillance de sa branche nord constitue selon leurs auteurs un moyen précieux de quantifier son déclin.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: changement climatique, océan
Catégories: Écologie, Actualités