
Parfois présenté comme une simple « grande masse continentale » qui existait il y a environ 550 millions d’années, le Gondwana était bel et bien un super-continent, selon de nouvelles données géologiques.
De nouvelles pièces du puzzle
Cet ancien géant a commencé à se fragmenter il y a environ 180 millions d’années. Il a donné naissance à l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Arabie, Madagascar, l’Inde, l’Australie et l’Antarctique, sur la base de découvertes géologiques et fossiles dans ces différentes régions du globe, aujourd’hui séparées par des milliers de kilomètres d’océan.
Alors que des estimations antérieures suggéraient que le Gondwana représentait jusqu’à 64 % des masses terrestres émergées à son apogée, de nouvelles recherches menées par des géologues de l’Académie chinoise des sciences et de l’université Curtin révèlent que de vastes portions sont aujourd’hui enfouies sous l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord.
En étudiant des échantillons de granit prélevés dans l’Himalaya, Bill Collins et ses collègues ont découvert que ces derniers, résultant généralement de la fusion de roches continentales plus anciennes, s’étaient formés en trois vagues : il y a respectivement 20, 50 et 120 millions d’années, et étaient tous liés au même bloc continental, né il y a 700 à 550 millions d’années, coïncidant avec la formation du Gondwana.
Des recherches plus approfondies ont révélé une histoire similaire pour des fragments de croûte précambrienne profondément enfouis sous des portions de l’actuel Kazakhstan, de la Chine, ainsi que des massifs montagneux eurasiens, d’Europe occidentale et de l’est des États-Unis (Appalaches).

Grand Gondwana
Globalement, ces nouvelles données indiquent que le Gondwana aurait représenté jusqu’à 80 % de terres émergées à un moment de son histoire, soit un chiffre suffisant pour en faire un super-continent à part entière, que les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, proposent de renommer « Grand Gondwana ».
Si, au cours de la longue histoire de la Terre, plusieurs d’entre eux se sont formés et défaits, sous l’effet de la dynamique tectonique (notamment la Pangée, la Rodinia et la Nuna), aujourd’hui la plus grande masse terrestre ne peut prétendre à un tel titre.
Connue sous le nom de masse continentale afro-eurasienne, celle-ci ne représente en effet que 57 % des terres émergées actuelles.
Selon de récentes projections, d’ici 250 millions d’années environ, une nouvelle masse continentale géante, connue sous le nom de Pangée Proxima, pourrait émerger.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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