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Globsters : que sont ces « monstres marins » qui s’échouent sur les plages depuis des siècles ?

Le spécimen de Saint Augustine mesurait 5,5 mètres de long pour un peu plus de 2 de large

Le monstre de Saint Augustine — © Wikimedia Commons

Ponctuellement, d’étranges amas géants de matière organique s’échouent sur nos plages. Il a fallu attendre plus d’un siècle pour que leur véritable (et sensiblement répugnante) nature soit enfin révélée.

Le « monstre de Saint Augustine »

La première observation officielle d’un « globster », contraction des termes anglais « glob » (amas de substance informe) et « monster », a été réalisée en 1896 près de la ville de Saint Augustine, en Floride. Alerté par deux jeunes locaux, le scientifique DeWitt Webb s’était rapidement rendu sur les lieux, en l’occurrence l’une des plages de l’île Anastasia.

Partiellement recouverte de sable, cette « masse de chair » à l’odeur nauséabonde mesurait 5,5 mètres de long pour un peu plus de 2 de large. Dans son rapport, le fondateur de la St Augustine Historical Society and Institute of Science évoquait une créature à la tête imposante, semblant posséder quatre membres.

Si Webb pensait être tombé sur un céphalopode géant appartenant à une espèce nouvelle pour la science, provisoirement nommée Octopus giganteus, le rapport du zoologiste Addison Emery Verrill, basé sur l’examen de différents échantillons du « monstre de Saint Augustine », concluait qu’il s’agissait sans doute de restes de cétacé.

La carcasse d’Octopus giganteus ou les restes d’un cétacé ? — © Wikimedia Commons

Des séquençages génétiques résolvent le mystère

Pendant des décennies, la véritable identité du « monstre de Saint Augustine » a continué d’être discutée. Ce n’est qu’au tout début du XXIe siècle que le mystère a finalement été résolu, grâce au séquençage génétique d’un autre « globster » s’étant échoué sur une plage chilienne.

Structurellement similaires au spécimen floridien à l’échelle microscopique, les échantillons de tissus prélevés se sont révélés renfermer l’ADN mitochondrial d’un grand cachalot (Physeter macrocephalus), pouvant mesurer près d’une vingtaine de mètres de long pour un poids de 40 tonnes.

« Ces analyses indiquent clairement que le spécimen chilien correspond à la couche graisseuse sous-cutanée presque entièrement décomposée d’un grand cétacé », écrivaient en 2004 les auteurs de l’étude, ajoutant qu’il en allait de même « pour la pieuvre géante de Saint Augustine, le monstre de la côte ouest de Tasmanie, deux blobs des Bermudes et le blob de Nantucket. »

Ces dernières années, un autre « monstre marin » a été découvert sur des plages américaines et mexicaines : le poisson-ruban, dont la mort annoncerait l’arrivée de catastrophes naturelles.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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