
C’est un nouveau record. Alors qu’elle étudiait la fusion de deux galaxies lointaines, une équipe d’astronomes a détecté un faisceau laser d’une intensité sans précédent.
Nouveau record
Pour générer un faisceau laser, il faut d’abord « exciter » des atomes afin de les amener à un niveau d’énergie plus élevé. Des particules de lumière (photons) interagissent ensuite avec ces atomes et les incitent à revenir à leur état initial en émettant à leur tour un photon identique. Ce phénomène déclenche une réaction en chaîne qui multiplie le nombre de photons produits. Comme chaque atome libère des particules lumineuses strictement identiques, la lumière obtenue possède une fréquence unique.
Le même processus peut se produire lorsque deux galaxies entrent en collision : leur gaz se comprime, favorisant la formation d’étoiles. La lumière émise par ces astres, après avoir traversé des nuages de poussière, peut exciter des ions hydroxyles (composés d’atomes d’hydrogène et d’oxygène). Leur interaction avec des salves d’ondes radio, émises notamment par un trou noir supermassif, va amplifier le rayonnement et produire un faisceau de micro-ondes extrêmement brillant et concentré, appelé maser.
Dans le cadre de travaux pré-publiés sur le serveur arXiv, Roger Deane, de l’université de Pretoria, et ses collègues ont repéré l’exemple le plus brillant et éloigné à ce jour, en observant la galaxie H1429-0028, à un peu moins de 8 milliards d’années-lumière de la Terre.
Meet the Gigamaser—the Brightest Microwave Laser Ever Spotted in Deep Space https://t.co/J38wJIpUR1
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L’équipe s’est appuyée sur le réseau sud-africain géant de radio-télescopes MeerKAT et sur un phénomène connu sous le nom de « lentille gravitationnelle », avec une galaxie massive située entre l’observateur et l’objet étudié qui déforme la lumière de ce dernier et agit comme une loupe. L’intensité et la fréquence élevée du signal capté (1 667 mégahertz) indiquaient qu’il s’agissait clairement d’un maser.
Gigamaser
Selon l’équipe, les caractéristiques hors-normes du faisceau le placent dans la catégorie des « gigamasers ». « Sa luminosité est environ 100 000 fois supérieure à celle d’une étoile standard, mais concentrée dans une partie minuscule du spectre électromagnétique », illustre Deane, qui estime que le Square Kilometre Array, actuellement en construction en Afrique du Sud, permettra de détecter des exemples encore plus lointains.
« Ces masers lointains proviendront de certaines des premières galaxies formées dans l’univers et pourraient nous fournir des informations précises sur la façon dont les galaxies fusionnaient il y a très longtemps, » commente Matt Jarvis de l’université d’Oxford.
« Des conditions bien précises doivent être réunies », poursuit-il. Essentiellement des émissions radio et infrarouge, que l’on ne trouve vraiment que dans la poussière surchauffée autour des étoiles en formation, dans le cas de fusions galactiques.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: étoile, galaxie, laser
Catégories: Actualités, Espace