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Des analyses génétiques éclairent le boom des hybrides porcs-sangliers de Fukushima

De nombreuses exploitations agricoles avaient été abandonnées suite à la catastrophe

sanglier
— David Dirga / Shutterstock.com

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, un événement d’hybridation impliquant sangliers sauvages et porcs domestiques s’est produit aux alentours de la centrale japonaise. Une étude s’est récemment penchée sur ses conséquences génétiques.

Quand Sus scrofa domesticus rencontre Sus scrofa leucomystax

L’endommagement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, frappée en 2011 par le séisme puis le tsunami de Tohoku, a conduit à l’abandon de nombreuses terres agricoles autour de l’installation. Une telle situation a permis aux porcs domestiques (Sus scrofa domesticus) des exploitations locales de se mêler aux populations de sangliers sauvages (Sus scrofa leucomystax).

Sans surprise, les deux sous-espèces se sont accouplées et étaient suffisamment proches pour produire une progéniture fertile. La population d’hybrides a rapidement progressé, offrant aux chercheurs une occasion rare d’étudier les caractéristiques génétiques de ces croisements à grande échelle.

Shingo Kaneko et ses collègues ont comparé l’ADN mitochondrial (transmis par la mère), de 191 sangliers à celui de 10 porcs domestiques prélevés dans la région de Fukushima entre 2015 et 2018.

Les porcs d’élevage peuvent avoir jusqu’à deux portées par an, contre une pour les sangliers sauvages. Si l’équipe a constaté que cette capacité à se reproduire rapidement avait persisté chez les premières générations d’hybrides, par la suite, les rétrocroisements répétés ont progressivement réduit la prévalence des gènes de S. scrofa domesticus impliqués, mettant ainsi un terme à l’essor initial.

— Santiherllor / Shutterstock.com

Un événement isolé

Comme le rappellent les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Forest Research, dans d’autres régions du monde, des croisements plus récurrents peuvent enrichir le patrimoine génétique des populations sauvages, et influencer certains traits comportementaux à long terme (avec notamment des groupes de « super-cochons » hybrides plus territoriaux, agressifs et se reproduisant également à un rythme plus soutenu en Amérique du Nord).

Concrètement, à Fukushima, la dilution progressive des gènes porcins, introduits à la suite de l’abandon des exploitations, ne leur a pas permis de persister durablement.

Selon l’équipe, ces résultats pourraient contribuer à orienter les stratégies de gestion des espèces invasives et à mieux anticiper les risques liés à l’introduction de populations domestiques dans la nature à la suite d’un événement isolé.

Précédemment, des chercheurs avaient élucidé les mystères des sangliers allemands radioactifs.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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