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Pour la première fois, des chercheurs assistent à la formation d’une nouvelle croûte océanique

Une véritable « mue » géologique

— Oliver Denker / Shutterstock.com

Dans l’océan Indien, des chercheurs français ont obtenu un aperçu sans précédent d’un processus géologique majeur : la naissance d’une nouvelle croûte océanique.

Affaissement rapide

Sous l’effet de l’activité tectonique, le fond marin s’écarte et se scinde, permettant la remontée d’un flot de magma, qui, une fois en contact avec l’eau de mer froide, se solidifie pour former une croûte océanique fraîche. Récemment, des instruments sous-marins au large de l’île Amsterdam, à la jonction des plaques australienne et antarctique, ont documenté directement un tel phénomène.

Installés fin février 2024, ces cinq hydrophones autonomes ont fourni aux chercheurs une mine de données sismiques et géophysiques. Deux mois plus tard, une vague caractéristique de séismes profonds a été enregistrée.

Comme l’explique l’étude, publiée dans la revue Nature, le 26 avril, une subsidence significative du fond marin a débuté près de la dorsale sud-est de l’océan Indien autour de 21 heures. Une hausse significative de la température de l’eau suggère que des quantités importantes de magma auraient commencé à atteindre la surface du fond marin dès 22 heures.

Comparant ce phénomène à un ballon qui se dégonfle, l’équipe le lie à la présence d’un gigantesque réservoir de magma situé à 3,6 kilomètres sous la croûte terrestre. Suite à la « poussée » initiale du soir du 26 avril, le magma aurait continué à s’écouler plus lentement à travers les fractures du fond marin, conduisant à un affaissement de 4,2 mètres en l’espace de quelques jours.

Animation montrant le processus de formation d’une nouvelle croûte océanique au niveau d’une dorsale — © USGS / Wikimedia Commons

« Épandage de fond océanique »

Le vieillissement progressif de la croûte océanique à mesure que l’on s’éloigne de la dorsale sud-est et la présence de « rayures géomagnétiques » indiquaient qu’un tel « épandage de fond océanique », fruit de la libération de décennies de contraintes accumulées, se produisait dans cette partie de l’océan Indien.

Mais comme le rappellent Ingo Grevemeyer et Lars Ruepke, du Centre Helmholtz GEOMAR pour la recherche océanographique de Kiel, il s’agit de sa toute première observation « in situ ».

Ces nouvelles données vont aider les scientifiques à mieux comprendre les mécanismes derrière ce « brassage colossal » au niveau des dorsales médio-océaniques, qui façonnent près des deux tiers de la surface de la Terre.

Plus tôt cette année, des analyses chimiques avaient suggéré la formation d’une nouvelle frontière continentale en Afrique australe.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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