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De nouvelles simulations tenant compte de l’interaction unique entre la glace et l’eau dans les fjords du Groenland indiquent une fonte nettement plus importante que prévu des glaciers, sous l’effet du changement climatique.

De nouveaux modèles beaucoup plus précis

Basés sur les dernières observations concernant la façon dont la glace est rongée par les faces verticales des extrémités des glaciers du Groenland, ces nouveaux modèles mathématiques se distinguent largement des précédents, qui s’appuyaient sur la configuration très différente des langues glaciaires antarctiques, flottant au-dessus de l’eau de mer.

« Pendant des années, les chercheurs ont appliqué des modèles basés sur la fonte des glaciers flottants de l’Antarctique aux fronts verticaux des glaciers du Groenland, ne rendant pas évidemment compte des véritables taux », souligne Kirstin Schulz, chercheuse à l’université du Texas et co-auteure de la nouvelle étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters.

Si les chercheurs savaient depuis un certain temps qu’une telle approche ne correspondait pas parfaitement, approcher les bords des glaciers groenlandais constituait une entreprise périlleuse. Situés à l’extrémité des fjords (anciennes vallées glaciaires envahies par la mer suite au retrait de la glace), ceux-ci sont en effet le théâtre de vêlages spectaculaires, au cours desquels des blocs de glace de la taille d’un immeuble chutent dans la mer et créent de mini-tsunamis.

Groenland
— Vadim Nefedoff / Shutterstock.com

Afin de limiter les risques, l’équipe dirigée par l’océanographe Rebecca Jackson a déployé des embarcations robotisées, lui ayant permis de réaliser des mesures précises à proximité des principaux glaciers de la région, qui, associées à une meilleure compréhension de l’impact des faces abruptes des glaciers sur la perte de glace, ont révélé une fonte environ 100 fois plus importante que celle que les anciens modèles prévoyaient.

Assez d’eau pour entraîner une élévation du niveau de la mer de 6 mètres

Le mélange de l’eau douce fraîche provenant des glaciers et de l’eau de mer plus chaude alimentant la circulation océanique, l’ampleur de la fonte de la calotte glaciaire groenlandaise a d’importantes implications, tant pour les populations locales que pour le reste du globe. On estime que cette dernière contient suffisamment d’eau pour élever le niveau de la mer de 6 mètres.

« Les modèles climatiques océaniques sont très importants, car ils permettent de prédire les tendances associées au changement climatique », rappelle Schulz. « Ces travaux représentent une étape importante dans l’amélioration de leur précision. »

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