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Il y a 4 000 ans, ces bâtisseurs préhistoriques ont traîné des roches de 25 tonnes sur 18 kilomètres

Une volonté évidente de ne pas céder à la facilité

— © University of York

En affinant l’origine des « Flèches du Diable », structure mégalithique située dans le nord de l’Angleterre, des chercheurs ont déterminé que ces pierres d’environ 25 tonnes avaient été déplacées sur près d’une vingtaine de kilomètres par d’anciens bâtisseurs préhistoriques.

Pas l’œuvre du diable

À l’origine, cet alignement régulier nord-ouest/sud-est s’étendant sur 179 mètres était composé de quatre monolithes. Aujourd’hui, il n’en subsiste que trois, dont la taille diminue en direction du nord (6,9 mètres, 6,7 mètres et 5,5 mètres). Si, selon le folklore local, ces « flèches » auraient été lancées sur la ville de Boroughbridge par le diable en personne, se tenant debout sur la colline voisine de Howe Hill, les découvertes archéologiques réalisées au fil des décennies racontent une histoire bien différente.

Ce site remonte en réalité à quatre millénaires et, comme Stonehenge, revêtait vraisemblablement une fonction rituelle pour les communautés préhistoriques de la région, qui y auraient organisé d’importantes cérémonies.

Alors qu’un premier examen avait suggéré que ces menhirs massifs provenaient de Plumpton Rocks, à une dizaine de kilomètres de là, de nouvelles analyses géologiques et archéologiques menées par des scientifiques de l’université Curtin et de l’université de York lient leur origine au gisement de Brimham Rocks, à environ 18 kilomètres de Boroughbridge.

L’étude a également permis de confirmer une hypothèse formulée au XIXe siècle, éclairant le sort de la flèche disparue : il s’est avéré que la Battle Cross, croix de pierre massive commémorant e la bataille de Boroughbridge de 1322, avait été taillée dans une section de ce quatrième monolithe.

Illustration datant de 1778 — © John Feary / The Trustees of the British Museum / Wikimedia Commons

Logistique préhistorique

« Nos analyses géologiques et archéologiques montrent que ces pierres n’ont pas simplement été extraites de la source la plus évidente, mais d’un relief plus éloigné et difficile d’accès », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans Proceedings of the Royal Society A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences. « Chaque pierre pesant plus de 25 tonnes, leur transport a dû nécessiter une planification, une coordination et des compétences techniques exceptionnelles. »

Replaçant cette découverte dans le contexte préhistorique de l’époque, l’équipe évoque des communautés soudées et une volonté évidente, guidée par des raisons esthétiques, structurelles ou spirituelles, de ne pas « céder à la facilité » lorsqu’il s’agissait d’ériger des structures lithiques massives.

Des conclusions faisant écho à celles de récents travaux portant sur la massive pierre d’autel de Stonehenge. Provenant du bassin écossais des Orcades, à environ 700 kilomètres de là, celle-ci aurait nécessité le concours de plusieurs communautés préhistoriques, et probablement un convoyage fluvial ou côtier lorsque cela était possible.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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