
En s’appuyant essentiellement sur l’infrastructure existante, des chercheurs anglais ont atteint un débit record via la fibre optique, ouvrant la voie à une modernisation des réseaux internet à grande échelle.
450 térabits par seconde
Pour réaliser cette percée, Polina Bayvel, de l’University College de Londres, et ses collègues ont utilisé une paire de câbles à fibre optique reliant leur laboratoire de Bloomsbury à un centre de données de Canary Wharf, distant d’environ 8 kilomètres. Dix fois supérieur à celui actuellement enregistré dans la capitale anglaise, le débit atteint (450 térabits par seconde) permettrait théoriquement de télécharger 50 millions de films simultanément.
Ce gain significatif de bande passante repose sur un système de transmission optique spécialement conçu. Combinant amplificateurs et gestion avancée des fréquences, il a permis d’envoyer des données sur une plage comprise entre 1 264 et 1 617,8 nanomètres.
L’exploitation de ce spectre plus large de fréquences a nécessité le développement de nouvelles méthodes de correction. « Les impulsions laser subissent des distorsions variées au sein de la fibre optique, en raison des différences d’indice de réfraction qu’elles rencontrent selon leur longueur d’onde et leur intensité », détaille l’équipe.
Improved hardware can send ten times as much data through existing fibre-optic cables, potentially providing a way to massively upgrade the internet's infrastructure without the cost and inconvenience of laying any new cables https://t.co/o1GpVrMraF
— New Scientist (@newscientist) April 3, 2026
Selon Bayvel, si des débits plus élevés avaient été précédemment atteints lors d’expériences en laboratoire, le record récemment établi a utilisé des câbles existants fortement sollicités, aux connecteurs encrassés, et courant sous une ville animée. De telles conditions de stress démontrent la viabilité de l’approche, qui pourrait être déployée à grande échelle d’ici cinq ans.
Des implications pour l’IA
Si, en l’état, une telle augmentation de débit n’aurait que peu d’impact pour l’utilisateur lambda, les chercheurs rappellent que les systèmes basés sur l’IA génèrent des quantités phénoménales de données, qui déferlent littéralement sur le réseau.
Son essor promettant de se poursuivre au cours des prochaines années, la récente percée permettrait notamment de prévenir les goulots d’étranglement à moindre coût.
« Il existe deux axes de recherche dans le domaine de la fibre optique : améliorer le débit en s’appuyant sur les infrastructures existantes, ou développer de nouveaux types de câbles », rappelle Kerrianne Harrington, de l’université de Bath. D’après lui, la nouvelle approche constituerait une solution idéale à court et moyen terme.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: internet, IA, fibre optique
Catégories: Technologie, Actualités