Les études le démontrent : traiter le cancer par la médecine alternative augmente le risque de décès

Les médecines alternatives telles que l’éliopathie, la phytothérapie, la sophrologie ou encore l’homéopathie ont le vent en poupe face à toutes les retours négatifs que nous avons concernant les médicaments et autres traitements issus de la médecine classique. Toutefois, ce que les personnes considèrent comme la solution face à la médecine peut n’avoir aucun effet, dans le meilleur des cas, ou bien avoir des effets négatifs comme sur le cancer.

CHIMIOTHÉRAPIE CONTRE MÉDECINE ALTERNATIVE

Face à la dangerosité des effets secondaires dus à une chimiothérapie, certaines personnes atteintes de cancer optent pour des traitement alternatifs à base de phytothérapie, d’homéopathie, de cures de vitamines et autres. Toutefois, une première étude menée en 2017 par des chercheurs de l’université Yale aux États-Unis a montré que les personnes ayant exclusivement recours à ce genre de traitement ont plus de chance de décéder dans les 5 années qui suivent le diagnostic du cancer que les patients qui se font traiter par chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie ou traitement hormonal.

Ce risque est particulièrement présent chez les personnes atteintes du cancer du sein et du cancer colorectal. En effet, les résultats de l’étude menée sur 4 types de cancers ont montré que les risques de morts des suites d’un cancer du sein sont multipliés par 5,68, 4,57 pour les cancers colorectaux et doublés pour les cancers du poumon, chez les malades n’ayant eu recours qu’aux médecines alternatives. Il n’y a que pour le cancer de la prostate qu’il n’y a pas eu de différence notable remarquée. Ces méthodes n’entrainent pas la mort mais constituent une absence de traitement qui peut se révéler fatale.

UN RISQUE DE DÉCÈS DOUBLÉ

Finalement, cette étude menée sur 840 patients atteints de l’un de ces 4 cancers, dont 280 ayant recours à de la médecine alternative en guise de traitement, montre un risque de décès en moyenne doublé chez ces patients par rapport aux risques engendrés par un traitement classique au bout de 5 ans. Un résultat inquiétant qui pourrait s’avérer être bien en deçà de la réalité. Le Professeur Skyler Johnson, chef de l’étude, a déclaré à l’AFP que les résultats pourraient bien être “sous-estimés”.

En effet, l’étude s’est basée sur les traitements de départ adoptés par les patients après le diagnostique de leur cancer, ce qui signifie qu’il est possible que certaines personnes ayant eu recours à la médecine alternative ait fini par opter pour la médecine classique en voyant les symptômes empirer ce qui aurait prolongé leur durée de vie. Aussi, dans ce même groupe, les patients étaient généralement plus jeunes et en meilleure santé que ceux de l’autre groupe et avaient en moyenne des revenus plus élevés, revenus qui leur permettaient un confort de vie que d’autres n’avaient peut-être pas. De plus, le Professeur Johnson ajoute que “nous ne connaissons pas le nombre exact de personnes qui décident de recourir à une médecine alternative au lieu d’un traitement conventionnel contre le cancer.” Ce qui signifie que les personnes ayant recours à ce genre de médecine pourraient être bien plus nombreuses, ce qui peut alourdir la note, comme la baisser.

LA MÉDECINE ALTERNATIVE NE REMPLACE PAS UN TRAITEMENT CLASSIQUE

Le Professeur Johnson et son équipe ont vu qu’une utilisation exclusive des traitements alternatifs était nuisible pour les patients atteints d’un cancer mais ils ont souhaité aller plus loin et proposent aujourd’hui une nouvelle étude, publiée le 19 juillet 2018 qui questionne ce refus des traitement traditionnels et s’interrogent sur une utilisation de la médecine alternative comme complément et non pas comme substitut. Cette étude-là a été menée sur 1290 patients dont 258 ayant utilisé un traitement alternatif en plus du traitement habituel.

Au terme de cette étude, seulement 82,2 % des personnes utilisant les traitements alternatifs ont survécu au bout de 5 ans, face à 86,6 % pour les autres. Les refus de traitements conventionnels se font également plus véhéments auprès des patients atteints d’un cancer du sein ou du colon qui préfèrent utiliser exclusivement les traitements alternatifs.

Cette foi en ce genre de traitement est extrêmement dangereux pour la survie de ces patients qui se réduisent finalement leurs chances de survie. Skyler Johnson s’est d’ailleurs exprimé en ces termes par rapport à la médecine alternative : “La réalité est qu’en dépit du fait que beaucoup de patients croient que ces thérapies à l’efficacité non éprouvée vont améliorer leur survie, voire leurs chances de guérison, il n’y a vraiment aucune preuve pour soutenir cette affirmation.” Chez de nombreuses personnes, ces traitements peuvent aider à améliorer leurs conditions de vie et leur bien-être mais ne doivent en aucun cas remplacer les traitements classiques qui ont prouvé leur efficacité de façon clinique.


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