
Les dernières observations d’une étoile monstrueuse, distante d’environ 163 000 années-lumière, remettent en question l’idée d’une supernova imminente et suggèrent également l’existence d’une compagne cachée.
WOH G64 fait de la résistance
La supergéante rouge WOH G64 se situe dans le Grand Nuage de Magellan, galaxie naine satellite de la Voie lactée. Se révèlant environ 1 500 fois plus grand que le Soleil, et 282 000 fois plus brillant, ce monstre stellaire est âgé de près de 5 millions d’années, soit la durée de vie maximale prévue pour ce type d’astre.
Ces dernières années, un affaiblissement significatif de sa luminosité avait suggéré que l’étoile géante se délestait rapidement de ses couches externes et se transformait en hypergéante jaune, signe d’une explosion proche. Une hypothèse par ailleurs appuyée par la présence d’un épais cocon de poussière et de gaz sur les clichés capturés par le Very Large Telescope chilien fin 2024.
Publiés dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, de nouveaux travaux ayant impliqué le Grand télescope d’Afrique australe (SALT) révèlent une trajectoire bien différente.
An international team of astronomers led by a researcher at Keele University has solved a long-standing cosmic mystery surrounding one of the most extreme stars ever observed.
— Keele University 🐿️ (@KeeleUniversity) January 29, 2026
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En examinant les données capturées entre novembre 2024 et décembre 2025 par le puissant spectroscope de l’installation, Jacco van Loon, de l’université de Keele, et ses collègues ont identifié la signature de l’oxyde de titane, caractéristique des supergéantes rouges, dans l’atmosphère de WOH G64. « Cela implique qu’elle n’a probablement jamais cessé de l’être », note le chercheur. « Nous assistons pour ainsi dire à la renaissance d’un phénix. »
Un probable système binaire
À ce stade, l’explication la plus probable est qu’une seconde étoile, nettement plus petite, orbite WOH G64, et que son influence gravitationnelle contribue à étirer les couches externes de son atmosphère, formant le fameux cocon observé il y a deux ans.
« Elle ne l’a pas encore complètement dépouillée », souligne Van Loon, qui précise que cette hypothèse avait été avancée il y a deux ans, mais qu’aucune preuve solide ne permettait à l’époque de l’étayer.
Le chercheur et ses collègues prévoient de continuer à observer étroitement la supergéante rouge, qui semble pour l’instant refuser de se transformer en supernova.
Le mois dernier, le télescope spatial Hubble avait résolu « l’un des plus grands mystères » d’une autre étoile géante bien connue : Bételgeuse.