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Depuis quelques semaines, les automobilistes québécois condamnés à deux reprises pour conduite en état d’ivresse en l’espace de dix ans doivent installer un éthylotest anti-démarrage dans leur véhicule. Ils sont désormais obligés de souffler chaque fois qu’ils doivent prendre le volant.

Suspension de permis, amende et peine de prison pour les contrevenants

Comme son nom l’indique, l’éthylotest anti-démarrage est un dispositif électronique mesurant le taux d’alcoolémie de l’automobiliste et empêchant le véhicule de démarrer lorsque celui-ci dépasse la limite légale autorisée. Au Québec, cet appareil est désormais obligatoire « à vie » pour tout conducteur ayant été condamné à deux reprises pour conduite en état d’ivresse. Cette obligation figure également sur le permis de conduire de l’automobiliste, afin de permettre aux forces de l’ordre de vérifier la présence et le fonctionnement du dispositif dans le cas d’un contrôle routier.

Inscrite au code de la route lors de sa révision en 2018, cette mesure est en vigueur au Québec depuis novembre 2019. Dorénavant, tout automobiliste disposant d’un permis restreint surpris en train de conduire un véhicule ne disposant pas d’un éthylotest anti-démarrage s’expose à une suspension de permis de trois mois, une amende de 1 500 dollars et une mise en fourrière du véhicule pour une période de 30 jours. En cas de récidive, le véhicule sera saisi immédiatement et mis en fourrière pendant 90 jours. Le conducteur encourra également une peine d’emprisonnement ainsi qu’une suspension de permis de 2 ans minimum.

Si un automobiliste venait à être condamné une troisième fois pour non-présence du dispositif dans son véhicule, il serait alors passible d’un retrait de permis définitif.

Une législation plus stricte pour diminuer le nombre d’accidents

Auparavant, ces dispositifs anti-démarrage devaient être utilisés à vie uniquement par les conducteurs arrêtés à deux reprises pour conduite en état d’ébriété avec circonstances aggravantes (refus de coopérer avec les forces de l’ordre, délit de fuite, taux d’alcoolémie deux fois supérieur à la limite légale…). La mise en place de cette législation plus stricte a évidemment pour but de réduire le nombre d’accidents sur les routes québecoises, et représente, selon le gouvernement, « un message clair envoyé aux automobilistes et aux récidivistes ».

Entre 2013 et 2017, l’alcool au volant a été responsable d’environ 100 décès par an au Québec, auxquels s’ajoutent 220 blessés graves et 1 800 blessés légers. Comme l’a rappelé le ministre des Transports François Bonnardel : « Bien que la sécurité routière s’améliore au Québec, les accidents mortels en lien avec l’alcool au volant restent encore trop nombreux. Conduire sous l’emprise de l’alcool ou de drogues n’est pas acceptable. » L’association Mothers Against Drunk Driving s’est de son côté réjouie de l’adoption de cette nouvelle mesure, estimant qu’il s’agissait « de l’une des plus drastiques en la matière, non seulement au Canada, mais également à l’échelle mondiale ».

Désormais, le principal défi pour les pouvoir publics québécois va consister à s’assurer que les conducteurs récidivistes respectent l’obligation d’installer un tel dispositif. En France, une mesure similaire mais qui n’est pas applicable à vie a été mise en place en mars 2019. Néanmoins, celle-ci ne concerne que les conducteurs renvoyés en correctionnelle pour conduite en état d’ivresse et non pas les récidivistes.

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