La Commission américaine pour l’égalité des chances en matière d’emploi a récemment statué sur la question, et estimé que les entreprises ayant eu recours à la publicité ciblée sur Facebook pour diffuser leurs offres d’emploi avaient violé la loi sur les droits civils.

« Une violation des lois anti-discrimination »

Il y a deux ans, ProPublica et le New York Times révélaient que certaines entreprises américaines affichaient des offres d’emploi discriminatoires sur Facebook, en utilisant les outils de ciblage du réseau social afin d’empêcher les travailleurs âgés de consulter leurs offres d’emploi. Quelques mois plus tard, des pratiques similaires, visant cette fois les femmes, étaient également signalées. De nombreux experts avaient à l’époque estimé que cette pratique était illégale, et c’est également la conclusion à laquelle est arrivé le gouvernement fédéral.

La Commission américaine pour l’égalité des chances en matière d’emploi a en effet estimé qu’il existait un « motif raisonnable » de conclure que sept employeurs avaient délibérément violé les droits civils en masquant leurs offres d’emploi diffusées sur Facebook pour les femmes et les travailleurs âgés. C’est vraisemblablement la première fois que cette agence gouvernementale s’attaque à la publicité ciblée, qui représente le cœur de l’activité de Facebook. « Exclure une personne en fonction de son âge ou de son sexe constitue une violation des lois anti-discrimination », a estimé Jenny R. Yang, ancienne commissaire de l’agence.

— KieferPix / Shutterstock.com

Facebook va apporter des changements radicaux à ses outils publicitaires

Quatre entreprises ont été épinglées pour discrimination fondée sur l’âge (Capital One, Edward Jones, Enterprise Holdings, DriveTime Automotive), et trois pour discrimination fondée sur l’âge et le sexe (Nebraska Furniture Mart, Renewal et Sandhills Publishing). Les annonces incriminées dataient toutes d’avant 2019. Suite à la forte médiatisation de l’affaire, Facebook avait confirmé, via un communiqué, qu’il allait apporter des changements radicaux aux outils dont les employeurs, les sociétés immobilières, bancaires et de crédit, disposent pour cibler leurs publicités. Ceux-ci devraient entrer en vigueur d’ici la fin de l’année.

Contactées par plusieurs quotidiens américains, les entreprises mises en cause n’ont pas souhaité s’exprimer sur la décision rendue, à l’exception d’Edward Jones, spécialisée dans le placement financier, dont le porte-parole a déclaré : « Nous sommes en profond désaccord avec l’affirmation selon laquelle notre société se serait livrée à des pratiques discriminatoires dans le cadre de la diffusion de ses offres d’emploi sur Facebook. » Les entreprises ont désormais la possibilité de contacter l’agence gouvernementale afin de trouver un accord, ou de s’adresser aux tribunaux.

Ces derniers mois, des dizaines de plaintes similaires ont été déposées auprès de la Commission américaine pour l’égalité des chances en matière d’emploi. Elles sont actuellement traitées par l’agence.

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Pilou114

C’est bien beau d’écrire un article à ce sujet, mais quels sont les noms de ces entreprises ?