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La première preuve physique des éléphants d’Hannibal vient-elle d’être découverte en Espagne ?

Elle dormait dans un tiroir depuis des années

— © Sailko / Wikimedia Commons

Un os mis au jour il y a quelques années dans le sud de l’Espagne pourrait bien être le tout premier témoignage physique des redoutables éléphants de guerre d’Hannibal de Carthage.

« Chars d’assaut » antiques

Comme l’explique l’archéologue Rafael Martínez Sánchez, jusqu’à présent, les témoignages historiques relatifs au passage de ces véritables « chars d’assaut » antiques en Europe se résumaient essentiellement à des sols perturbés dans les Alpes, que les armées du général carthaginois avaient franchi en 218 avant notre ère, et plusieurs textes romains et grecs.

Mesurant une vingtaine de centimètres de long, cette potentielle première preuve ostéologique de l’existence des éléphants de combat d’Hannibal avait été découverte en 2019, lors des fouilles d’un oppidum (ancien village fortifié) proche de la ville de Cordoue. Si les chercheurs n’avaient à l’époque pas été en mesure d’établir l’espèce à laquelle appartenait l’os et son âge, un examen morphologique approfondi et la datation au radiocarbone ont finalement permis de percer ses secrets.

Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une section du carpe, ou « poignet », droit d’un éléphant, provenant d’une couche de sol vieille d’environ 2 250 ans, et donc antérieure à la conquête romaine de cette partie de la péninsule ibérique (milieu du IIe siècle avant notre ère).

Associée à la découverte d’une dizaine de projectiles sphériques en pierre, d’un diamètre comparable à ceux tirés par les catapultes carthaginoises, cette datation renforce l’idée que l’animal ait péri au cours de l’assaut de l’oppidum, bâti sur un bras de rivière, par les forces d’Hannibal faisant route vers l’Italie.

Un écrin protecteur

Ce témoignage contemporain de la Seconde guerre punique, ayant opposé Rome à Carthage pour le contrôle de la Méditerranée entre 218 et 201 avant notre ère, se trouvait sous les pierres d’un mur effondré, qui l’ont essentiellement protégé des éléments pendant deux millénaires.

Deux scénarios sont actuellement envisagés par les chercheurs pour expliquer sa nature isolée : le reste du squelette du pachyderme, largement exposé, se serait progressivement décomposé, ou aurait été prélevé par les locaux après la bataille, peut-être comme trophée de guerre.

À ce stade, on ignore s’il s’agissait d’un éléphant de forêt de l’Atlas, sous-espèce africaine aujourd’hui disparue, ou d’un éléphant d’Asie, que Carthage se procurait via les réseaux commerciaux égyptiens. Mais de futures analyses ADN devraient permettre de trancher cette question.

Intervenue en 146 avant notre ère, la chute de Carthage a marqué la fin de la Troisième guerre punique, assurant à Rome la domination totale du bassin occidental méditerranéen.

Par Yann Contegat, le

Source: Heritage Daily

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