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10 systèmes électoraux à travers le monde qui vont vous étonner

En France, tout semble fait pour faciliter le vote des citoyens : l’inscription est automatique à 18 ans pour les détenteurs de la nationalité française et seuls, une pièce d’identité valide, un justificatif de domicile et le formulaire d’inscription disponible en ligne sont nécessaires pour ceux qui souhaiteraient figurer sur les listes électorales. Évidemment, le reste du monde ne fonctionne pas toujours sur le même principe : le déroulement du vote varie d’un pays à l’autre.

AUX ÉTATS-UNIS, ON VOTE LE MARDI !

Dans la plupart des pays du monde, les élections ont lieu un dimanche : ce jour de repos permet à tous et à toutes de se rendre sans difficulté jusqu’aux urnes. Aux États-Unis, c’est le mardi que les citoyens se déplacent pour faire entendre leur voix et ce, depuis 1845. À l’époque, les fermiers catholiques américains prenaient la route en calèche ou à cheval et la majorité avaient besoin d’une journée pour se rendre sur le lieu de vote, au siège du comté, d’un autre jour pour voter et éventuellement d’un troisième jour pour revenir jusqu’à chez eux. Ces trois jours ne devaient pas interférer avec les célébrations religieuses, laissant comme seules possibilités le mardi et le mercredi.

vote-obama-usaLe mercredi étant traditionnellement un jour de marché, les fermiers ne pouvaient pas se permettre d’être absents sans prendre le risque de passer à coté d’importantes recettes. Ce fut donc tout naturellement que le Congrès choisit de faire du mardi un jour dédié au devoir citoyen. En 1875, le jour devint celui des élections présidentielles et en 1914, on y instaura les élections fédérales au Sénat. D’autres États dérogent à la règle du dimanche et notamment certains pays anglophones : au Canada, c’est le lundi qui est dédié au vote quand les britanniques se rendent aux urnes le jeudi. Enfin, les Néo-Zélandais et les Australiens se déplacent le samedi.

UNE OBLIGATION EN AUSTRALIE

L’Australie ne rigole pas avec le droit de vote : il s’agit en réalité d’une obligation pour tout citoyen de plus de 18 ans. Un australien doit être inscrit sur les liste électorales et le vote revêt un caractère obligatoire depuis 1925 et ce, qu’il s’agisse d’élections fédérales, législatives ou territoriales. Bien évidemment, il existe des règles d’exception pouvant être appliquées quand une personne n’est pas en mesure de voter, notamment si elle souffre d’un handicap mental. En cas d’absence le jour de vote, un justificatif est demandé au citoyen qui, s’il ne présente pas de raison acceptable aux yeux de la justice, se voit condamné à payer une amande de 20 Dollars Australiens (environ 14 euros).

LES JEUNES VOTENT AU BRÉSIL

16 ans : voilà l’âge minimum nécessaire pour voter au Brésil. Cette règle fut mise en place par la Constitution de 1988 qui prévoit aussi un vote direct à la majorité absolue. Tout comme en Australie, le vote y est obligatoire : depuis 1934, tout citoyen n’étant pas compris dans la tranche d’âge allant de 16 à 18 ans, ayant moins de 70 ans et étant alphabétisé, est appelé à se rendre aux urnes sous peine de payer une amande s’élevant entre 5 et 20 % du salaire minimum.

ÉLECTIONS INDIENNES : UN PROCESSUS ÉPROUVANT

Organisées par la Commission Électorale Indienne, les élections du pays concernent le plus important nombre de citoyens au monde, ce qui en fait la plus grande démocratie de la planète : le corps électoral y est composé de plus de 800 millions de personnes. Le nombre important de citoyens n’empêchent pas les indiens de se déplacer tous les cinq ans pour voter puisqu’ils sont chargés d’élire la Chambre basse du Parlement du pays, les Assemblées Législatives des États et territoires ainsi que les autorités locales.

Du fait de l’importance de la mobilisation, les élections sont composées de plusieurs phases de votes. En effet, le gouvernement étale les différents tours sur plusieurs semaines ou sur plusieurs mois : en 2014, les citoyens étaient chargés d’élire 543 membres du parlements et l’événement aura nécessité que l’on place les jours de vote sur 9 dates différentes étalées sur plus de 5 semaines.

EN ESTONIE, ON VOTE EN LIGNE ! 

Depuis 2005, les citoyens du pays peuvent remplir leur devoir en ligne et si la grande majorité des électeurs préfèrent encore se déplacer, de plus en plus d’estoniens utilisent le service web. Lors de la mise en place de ce système, chacun a reçu une carte d’identité pouvant être scannée ainsi qu’un code pouvant aussi être utilisé pour remplir d’autres tâches (la déclaration d’impôt etc). Bien évidemment et malgré le changement de méthode, le vote reste toujours anonyme puisqu’il est crypté.

 

LA REINE PEUT ÊTRE ÉLUE AU ROYAUME-UNI

En 2016, alors que le pays s’apprêtait à voter sa sortie de l’Europe, la question du choix de la reine était sur toutes les lèvres. Pour mettre un terme aux discussions, le site internet de Buckingham Palace a publié une annonce rappelant les droits et les devoirs de sa souveraine : la reine Élisabeth II étant chef du Commonwealth, dont les frontières dépassent largement celles de l’Union Européenne, « doit rester neutre en ce qui concerne la vie politique  » et  » ne peut pas voter ou se présenter à une élection « .

Dans les faits, rien n’empêche la reine de se présenter comme candidate lors d’une élection ayant lieu dans le royaume : aucune loi ne l’interdit (c’est d’ailleurs un droit fondamental de la charte de l’Union européenne), mais c’est par tradition qu’elle se tient hors des affaires politiques du pays. En effet, la reine doit rester au dessus des querelles politiques, rester neutre en tout temps. Par extension, on peut attendre de même du reste de la famille royale qui ne participe pas aux élections en tant qu’électeur. La famille royale doit rester au plus proche de son peuple, qu’importe les différents qui le divisent.

DES RÈGLES STRICTES EN NOUVELLE-ZÉLANDE

En Nouvelle-Zélande, il est impossible de parler des élections le jour-J : en effet, journalistes, politiciens et candidats n’ont pas le droit de traiter du sujet et de continuer leurs campagnes dès 7 heures avant le scrutin. Impossible de ne citer ne serait-ce qu’un détail physique d’un candidat sans risque de se voir condamné à payer une amende d’environ 14 000 $. Il en va de même sur internet où aucune publication Facebook ne peut venir influencer les choix des électeurs.

LA CORÉE DU NORD

Assez étonnamment, la République populaire démocratique de Corée possède un système d’élection : tous les 5 ans, une élection parlementaire destinée à élire l’Assemblée Populaire Suprême est organisée, durant laquelle chaque district propose un candidat. Ces derniers, sélectionnés préalablement par le leader du pays n’ont aucun concurrent aux postes qu’ils souhaitent occuper : le nombre de candidats est toujours égal au nombre de postes à pourvoir.

Les citoyens souhaitant voter contre le préféré de Kim Jong-Un, doivent le faire en public, en utilisant une urne spéciale : la pression reposant sur leurs épaules est telle, que rares sont ceux à oser s’exprimer contre le pouvoir en place. Le vote y est obligatoire et chaque abstentionniste est sévèrement puni. Évidemment, les taux de participations sont très importants, ne descendant jamais en dessous de 99,90 %.

LE LIECHTENSTEIN VOTE POUR SES CITOYENS

Avec seulement 36 000 citoyens, le Liechtenstein est l’un des plus petits pays du monde. Pour y vivre légalement, il faut y résider durant 30 ans illégalement avant de postuler comme candidat à la citoyenneté. Une fois la demande formulée, les habitants sont emmenés à voter pour accéder ou non à la requête du « nouveau venu ». Une fois cette étape passée, c’est au parlement du pays ainsi qu’à son prince de valider la citoyenneté.

LES ASTRONAUTES PEUVENT VOTER ! 

Comment remplir son devoir de citoyen lorsqu’on est déployé à bord de la Station Spatiale Internationale, orbitant à environ 325 km d’altitude ? Rien de plus simple et ce, depuis 1997 : durant cette année, des législateurs texans ont mis au point une technique qui aura permis à David Wolf d’être le premier homme à voter depuis l’orbite terrestre (il se trouvait alors dans l’ancienne station russe).

Pour faire de même, ses collègues doivent commencer les démarches un an avant d’être envoyés dans l’espace. Ils choisissent alors pour quels scrutins, ils souhaitent exprimer leur choix et n’ont plus qu’à attendre de rejoindre l’ISS. Six mois avant l’élection, ils reçoivent un formulaire leur permettant de s’inscrire et de voter par correspondance.

Le vote français a connu de nombreuses transformations au cours de son histoire : suffrage censitaire, suffrage universel masculin, droit de vote des femmes auront transformé notre vision de la démocratie. Aujourd’hui, tous les français ont le droit de vote sans distinction de religion, d’idéaux politiques ou de sexe. S’il revient à chacun de voter ou de ne pas le faire, observer les droits et les devoirs dont profitent les citoyens des pays voisins nous permet de réfléchir constamment à la dégradation et à l’amélioration de notre système électoral.

Par JJJ, le

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