Guemesia ochoai aurait été morphologiquement proche de Carnotaurus sastrei (ci-dessus) — © Fred Wierum

Des paléontologues ont décrit une toute nouvelle espèce d’abélisauridé. Découverte dans une formation géologique du nord de l’Argentine, celle-ci présente plusieurs caractéristiques inhabituelles.

Une espèce atypique

Ayant vécu il y a 70 millions d’années dans ce qui est aujourd’hui l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Inde, les abélisauridés étaient un groupe de théropodes carnivores redoutables se nourrissant probablement de dinosaures plus grands, tels que les titanosaures. Si la plupart de ces créatures possédaient de minuscules membres antérieurs, encore plus courts que ceux du T. rex, elles pouvaient compter sur leur crâne massif et bosselé (souvent pourvu d’une crête ou de cornes) pour frapper leurs proies et leurs puissantes mâchoires pour leurs infliger de terribles morsures et les dévorer.

L’Argentine est réputée pour ses fossiles d’abélisauridés, avec 35 espèces jusqu’à présent mises au jour sur son territoire, principalement en Patagonie. Baptisée Guemesia ochoai (d’après le général Martin Miguel de Güemes, héros de la guerre d’indépendance argentine, et Javier Ochoa, ayant découvert le fossile), la nouvelle espèce exhumée de la formation de Los Blanquitos, dans le nord-ouest du pays, se distingue des autres abélisauridés argentins.

Les chercheurs ont constaté que sa boîte crânienne, étrangement dépourvue de cornes, était environ 70 % plus petite que celle de ses cousins et également noté la présence inhabituelle d’une rangée de petits trous appelés « foramines » à l’avant de celle-ci, qui auraient vraisemblablement permis à la créature de réguler efficacement sa température corporelle.

Taille d’un abélisauridé comparée à celle d’un humain adulte — © Fred Wierum

Selon les chercheurs, de telles différences suggèrent que Guemesia ochoai se situait à la base de l’arbre généalogique des abélisauridés ou était étroitement liée aux ancêtres de ce groupe de théropodes.

Des informations précieuses

« Cette nouvelle espèce d’abélisauridé présentant des caractéristiques inhabituelles fournit des informations précieuses au sujet d’une région du monde dont nous ne savons pas grand-chose », souligne Anjali Goswami, chercheur au Musée d’histoire naturelle de Londres et auteur principal de l’article la décrivant, récemment publié dans le Journal of Vertebrate Paleontology.

« Elle montre que les dinosaures qui y évoluaient étaient très différents de ceux que l’on pouvait trouver dans d’autres parties de l’Argentine, ce qui soutient l’idée de provinces distinctes en Amérique du Sud durant le Crétacé et démontre également qu’il y a énormément à découvrir dans ces zones recevant moins d’attention que certains des sites fossilifères les plus célèbres. »

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