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Ils étaient deux : une étude réécrit l’histoire de l’Humanité hors d’Afrique

— life_in_a_pixel/ Shutterstock.com

Les plus anciennes preuves squelettiques de la présence de notre lignée en Eurasie proviennent du sud de la Géorgie. Plus précisément du site de Dmanissi. De nouvelles recherches concluent qu’elles n’appartenaient pas à une, mais deux espèces humaines archaïques.

Homo georgicus et Homo caucasi

Découvert en 1991, Homo georgicus est généralement considéré comme un Homo erectus archaïque. Ce qui soutient l’idée qu’il s’agisse de la première espèce humaine à avoir quitté le continent africain. Cependant, les importantes disparités en terme de taille et de forme des cinq crânes préhistoriques trouvés à Dmanissi interroge depuis longtemps.

Pour certains chercheurs, cette variabilité constituerait un exemple de dimorphisme sexuel marqué (caractéristiques physiques autres que les organes reproducteurs distinguant mâles et femelles d’une même espèce). Mais d’autres supposent que l’assemblage géorgien représenterait au moins deux espèces humaines précoces, qui cohabitaient en Eurasie il y a environ 1,85 million d’années.

Dans le cadre de travaux récemment publiés dans la revue PLOS ONE, des chercheurs ont comparé les caractéristiques dentaires de trois des spécimens de Dmanissi à 583 quenottes d’hominidés anciens. Selon eux, les correspondances établies indiquent qu’Homo georgicus côtoyait Homo caucasi dans la région de Dmanissi.

Réplique de l’un des crânes de Dmanissi — © Gerbil / Wikimedia Commons

Les lointains descendants de lignées distinctes d’Homo habilis

De façon intrigante, la morphologie dentaire d’Homo georgicus présentait des similitudes claires avec celle des australopithèques, lignée d’hominidés antérieure à la nôtre et dont la plus célèbre représentante était Lucy. Cette découverte appuie l’idée que les premiers humains à s’être établis hors de l’Afrique se situaient morphologiquement à mi-chemin entre Homo habilis (plus ancien) et Homo erectus.

Le scénario le plus probable est que les hominidés identifiés à Dmanissi descendaient de populations d’Homo habilis adaptées à des conditions environnementales distinctes, et se sont finalement « réunis » en Géorgie.

Une possibilité corroborée par des outils en pierre provenant de Jordanie et de Roumanie, antérieurs aux premiers témoignages fossiles confirmés d’Homo erectus.

Il y a quelques mois, des outils anciens avaient suggéré que nos ancêtres étaient déjà présents en Asie il y a 2,95 millions d’années.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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