
Il y a un peu plus de deux décennies, la ville de Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, a été le théâtre d’un évènement aussi spectaculaire qu’inattendu : l’explosion d’un nombre considérable de crapauds.
Explosions en série
Intervenue en avril 2005, cette véritable hécatombe a durablement marqué les habitants du paisible quartier d’Altona. Interrogés par les médias, ceux-ci évoquaient alors des batraciens gonflant comme des ballons de plage et triplant de taille, avant d’éclater dans une gerbe de viscères.
En l’espace de quelques jours, on estime que des milliers d’individus ont connu un tel sort, ce qui avait poussé de nombreux parents à interdire formellement à leurs chères têtes blondes de s’aventurer près de « l’étang de la mort ».
Si des crapauds explosifs avaient été précédemment signalés au Danemark, les causes d’un tel phénomène restaient largement obscures. Parmi les hypothèses rapidement avancées, un possible virus propagé par des chevaux de course sud-américains, ou un champignon pathogène (piste que des analyses d’échantillons d’eau ont par la suite permis d’écarter).
Plusieurs scientifiques ont commencé à douter de la véracité des témoignages, évoquant des similitudes troublantes avec la fable de la grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf et des scènes « dignes d’un film des Monty Python », suggérant un possible hallucination collective.

Mystère résolu ?
En examinant minutieusement les dépouilles de plusieurs de ces batraciens « kamikazes », Frank Mutschmann a constaté qu’ils présentaient tous la même incision circulaire au niveau du dos.
« Il ne pouvait s’agir de l’oeuvre d’un rongeur » expliquait le célèbre herpétologue allemand à The Independent. « Le seul animal susceptible d’en être à l’origine était le corbeau, suffisamment intelligent pour savoir que la peau de ces batraciens est toxique et que seul leur foie peut être consommé sans danger. »
« Ce n’est qu’une fois cet organe prélevé que le crapaud se rend compte qu’il a été attaqué et se met à gonfler », poursuivait-il. « Comme il n’a ni diaphragme ni côtes, ses poumons se dilatent de manière disproportionnée et éclatent, provoquant l’éjection des autres organes via l’incision. »
S’il s’agit d’une théorie plutôt étoffée, à moins d’une nouvelle « crapocalypse », il est peu probable que nous ayons un jour le fin mot de l’histoire, comme pour la mystérieuse pluie de viande s’étant abattue sur le Kentucky en 1876.