Crâne de Paranthropus robustus vieux d’1,8 million d’années (image d’illustration) — © José Braga / Didier Descouens / Ditsong National Museum of Ntural History / Wikimedia Creative Commons

Mis au jour lors d’une fouille archéologique dans une grotte sud-africaine, ce crâne constitue un témoignage rare de Paranthropus robustus et pourrait conduire à une meilleure compréhension de la microévolution humaine.

Un témoignage fossile rare

Des chercheurs de l’université de la Trobe, en Australie, ont récemment confirmé la découverte d’un crâne quasi complet de Paranthropus robustus. Vieux de deux millions d’années et appartenant à un individu masculin, celui-ci avait été mis au jour dans le système de grottes de Drimolen, près de Johannesburg, en 2018. Selon les conclusions de l’équipe, présentées dans la revue Nature Ecology and Evolution, il s’agit du témoignage fossile le plus ancien et le mieux préservé de ce lointain cousin de l’Homme.

« Paranthropus robustus était contemporain de notre ancêtre direct Homo erectus », explique la paléoanthropologue Angeline Leece. « Mais ces deux espèces d’hominidés étaient très différentes – Homo erectus était pourvu d’un cerveau relativement massif et de petites dents, tandis que le schéma inverse était observé chez Paranthropus robustus – et constituaient des expériences évolutionnaires divergentes. Les traces fossiles découvertes suggèrent également que Paranthropus robostus était beaucoup plus commun qu’Homo erectus il y a deux millions d’années. »

Jusqu’à récemment, les chercheurs pensaient que Paranthropus robustus adoptait une organisation sociale similaire à celles des gorilles (avec plusieurs mâles dominants vivant dans des groupes de femelles de plus petite taille). Mais il s’est avéré que le crâne découvert dernièrement possédait des dimensions proches de celles des fossiles féminins précédemment découverts sur le site, fournissant ainsi les premières preuves détaillées de la microévolution au sein des premières espèces d’hominidés, qui pourrait conduire à une révision du système de compréhension et de classification de la paléobiologie de nos ancêtres.

Le changement climatique comme cause probable de l’évolution de Paranthropus robustus

Minutieusement reconstruit à partir de centaines de fragments d’os, le crâne appartenait à un individu masculin adulte faisant partie des premiers membres d’une lignée très prospère de Paranthropus robustus, ayant existé en Afrique du Sud pendant près d’un million d’années.

« Comme toutes les autres créatures sur Terre, pour rester prospères, nos ancêtres se sont adaptés et ont évolué en fonction du paysage et de l’environnement qui les entouraient », souligne l’archéologue Andy Herries. « Nous pensons que ces changements ont eu lieu à une époque où l’Afrique du Sud s’asséchait, entraînant l’extinction d’un certain nombre d’espèces de mammifères. Il est probable que le changement climatique ait engendré des facteurs de stress environnementaux ayant conditionné l’évolution de Paranthropus robustus. »

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jasnin

la photo est celle du type S48 decouvert en 1948 !! pas 2018!