Nous sommes près de deux semaines après le début de la période de confinement, pourtant, le nombre de personnes infectées par le coronavirus ne cesse d’augmenter, de même que le nombre de morts liés à cette maladie. Selon la carte interactive conçue par l’université Johns Hopkins, plus de 700 000 personnes seraient contaminées à travers le monde, dont plus de 40 000 en France. Un virus de telle ampleur génère de fait de nombreuses interrogations au sein de la population, auxquelles s’efforcent de répondre les scientifiques, comme Anthony Fauci.

UN VACCIN CONTRE LE CORONAVIRUS ?

L’une des questions principales que se pose actuellement la population au sujet du coronavirus est sa potentielle guérison au moyen d’un vaccin ou d’un médicament. Récemment, des médecins ont administré de l’hydroxychloroquine (d’habitude utilisée contre le paludisme) à des patients atteints par le Covid-19, qui ont été guéris. Toutefois, l’efficacité de ce médicament n’a pas été validée par les scientifiques. Les chercheurs se concentrent donc sur des antiviraux comme le lopinavir (utilisé contre le VIH) ou le remdesivir (utilisé contre Ebola). 

Mais la question du vaccin se pose également. Anthony Fauci, immunologiste et directeur de l’Institut national des maladies infectieuses aux Etats-Unis, s’est exprimé le 25 mars à la Maison-Blanche et pense qu’il faudrait « un an à un an et demi avant de distribuer un vaccin efficace et sûr ». A ce jour, des essais cliniques pour des vaccins sont en train d’être effectués en Chine et aux Etats-Unis. Mais ils ne seront pas accessibles sur le marché avant 2021.

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LE CORONAVIRUS, PLUS RÉSISTANT À LA CHALEUR ?

Beaucoup de questions se posent également concernant la potentielle résistance du virus à la chaleur. En effet, Anthony Fauci aurait observé que le coronavirus se développait mieux lorsqu’il faisait froid que lorsqu’il faisait chaud et humide, ce qui semble être corroboré par le fait que des pays de l’hémisphère sud aurait été moins touchés que des pays de l’hémisphère nord. En effet, les bactéries au sein des gouttelettes de salive venant de personnes malades vivraient plus longtemps à l’air libre lorsqu’il fait froid. Cela s’ajoute au fait qu’en hiver, les défenses immunitaires sont plus affaiblies. Les propos d’Anthony Fauci semblent faire écho à une étude de l’université Beihang en Chine, et publiée le 03 mars 2020 sur SSRN.

La contagiosité du coronavirus pourrait donc être amoindrie avec le retour du soleil et de températures plus chaudes. Cela étant dit, attention : ce n’est pas parce que l’infectiosité et la contagiosité du virus sont moindres dans les pays chauds que ce dernier n’y existe pas. Ainsi, on observe des cas de plus en plus nombreux en Afrique ou en Amérique du Sud. Ces différences entre les pays dits “froids” et les pays dits “chauds” font que les chercheurs estiment que le Covid-19 pourrait se manifester à nouveau selon des cycles saisonniers. C’est pourquoi il est d’autant plus urgent de trouver un vaccin, ou un médicament efficace. « S’ils [les pays de l’hémisphère sud] connaissent une épidémie importante, il nous sera indispensable d’être prêts à faire face à un deuxième cycle », prévient l’expert. « Cela rend encore plus importante la nécessité de développer un vaccin, de le tester rapidement et de faire en sorte qu’il soit prêt et disponible pour ce prochain cycle. »

LE PRINCIPE DE « L’IMMUNITÉ COLLECTIVE »

Finalement, une des questions que se posent de nombreuses personnes concerne l’usage de ce que l’on appelle « l’immunité collective ». L’immunité collective peut être définie comme le principe selon lequel plus les personnes sont infectées par une maladie, plus elles développent des anticorps contre ce virus, et moins l’épidémie se répand au sein de la population. Avec l’immunité collective, le virus pourrait devenir saisonnier, mais plus de personnes en seraient protégées.

Cependant, il semble très risqué de faire confiance à ce principe, dans la mesure où beaucoup de personnes vulnérables en mourraient. En outre, beaucoup de zones d’ombre subsistent concernant le coronavirus. Ce principe n’est évidemment pas validé par la communauté scientifique. Cette “solution” avait été proposée comme réponse à l’épidémie par le Premier ministre britannique Boris Johnson, l’ironie du sort résidant dans le fait qu’il ait récemment été diagnostiqué positif au coronavirus.

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