
Grâce au télescope spatial Hubble, des astronomes ont récemment obtenu un aperçu sans précédent des premiers stades de la désintégration d’une comète, avec une découverte inattendue à la clé.
Coup de chance
Initialement, John Noonan, de l’université d’Auburn, et ses collègues avaient prévu d’observer une autre comète avec Hubble, mais sa capacité de rotation limitée les a contraints à se rabattre sur une nouvelle cible : C/2025 K1 (ATLAS). Les images du télescope de la NASA ont révélé qu’elle s’était fraîchement disloquée, avec au moins quatre fragments clairement visibles.
« Nous avons déjà vu des comètes se désintégrer, et même très souvent depuis le sol, mais, dans ce cas, rien n’indiquait qu’elle venait de se fragmenter au moment de notre observation », détaille Noonan. « On ne saurait trop insister sur la part de chance qui a permis d’obtenir ces clichés. »
Selon l’équipe, dont les travaux sont publiés dans la revue Icarus, il est très difficile de prédire quand une comète va commencer à se morceler, et de pointer un télescope vers elle à temps. D’une résolution sans précédent, les clichés de Hubble lui ont permis de déterminer que K1 avait commencé à se disloquer une semaine plus tôt, révélant un décalage intrigant entre ce processus et son évolution lumineuse.

Un scénario inattendu
Les comètes sont essentiellement constituées de glace remontant au tout début de la formation du Système solaire. Exposée à la lumière de notre astre et à d’autres types de rayonnements spatiaux, leur surface s’érode progressivement. Afin d’éclairer l’environnement dans lequel ces objets se forment, les scientifiques s’appuient notamment sur le comportement de cet élément.
L’équipe s’attendait à ce que la glace vierge et extrêmement froide que K1 renferme, exposée pour la première fois à la chaleur depuis des milliards d’années, se transforme rapidement en gaz (un processus connu sous le nom de sublimation), entraînant immédiatement une augmentation de sa luminosité. Or, ce signal caractéristique n’est apparu qu’environ 48 heures après sa fragmentation.
Un tel schéma suggère des mécanismes et réactions plus complexes que prévu. À ce stade, l’équipe suppose qu’une couche de poussière pourrait freiner la libération des gaz. L’analyse des données concernant K1 se poursuit et devrait permettre d’établir plus précisément la composition et le comportement de l’objet.
Plus tôt cette année, l’observation de la comète interstellaire 3I/Atlas avait également révélé des caractéristiques inattendues.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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