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Enfin une bonne nouvelle pour le climat : la capacité des sols à stocker le carbone s’est rétablie

Ce répit pourrait toutefois être de courte durée

— Teo Tarras / Shutterstock.com

Alors qu’elle avait significativement décliné au cours des deux années précédentes, la capacité des sols de la planète à séquestrer le dioxyde de carbone a connu un rebond spectaculaire en 2025.

Reprise massive

Les végétaux des forêts, prairies et zones humides absorbent le CO2 atmosphérique durant leur croissance, et le réémettent lorsqu’ils se décomposent ou brûlent. Au cours des dernières décennies, ces écosystèmes ont eu tendance à absorber plus de carbone qu’ils n’en ont rejeté, en raison de la hausse des températures mondiales et de l’effet fertilisant de ce gaz à effet de serre.

Sous l’effet d’un El Niño exceptionnel et des feux de forêt massifs en Amazonie, cette tendance a connu un véritable coup d’arrêt en 2023 et 2024, se traduisant par des concentrations de CO2 sans précédent dans l’atmosphère.

Comme le révèlent de nouvelles recherches, basées sur des observations satellitaires et des simulations informatiques, le « puits terrestre » s’est rétabli l’année passée, séquestrant environ 2,36 gigatonnes de carbone, soit 0,71 de plus que la moyenne pour la période 2015-2022.

Selon les auteurs de l’étude, prépubliée sur le serveur arXiv, ce rétablissement s’explique essentiellement par une croissance végétale spectaculaire dans les forêts tropicales du globe. « Le climat s’est normalisé, notamment en Afrique et en Amazonie, ce qui a permis de restaurer la capacité des plantes à séquestrer le carbone », explique Philippe Ciais, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

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— Gustavo Frazao / Shutterstock.com

Une résilience « à court terme »

Jusqu’à présent, on estime que les puits naturels, tant océaniques que terrestres, ont permis d’absorber près de la moitié du CO2 lié aux activités humaines. Mais cet énorme « coup de pouce » ne durera pas éternellement. À moins que les émissions de ce gaz à effet de serre chutent drastiquement, on craint que la biosphère terrestre passe de puits à émetteur de carbone au cours des prochaines décennies.

« Les terres se révèlent remarquablement résilientes à court terme, mais à mesure que les évènements météorologiques extrêmes, alimentés par le changement climatique, deviennent plus fréquents, cette capacité est compromise », rappelle Mike O’Sullivan, de l’université d’Exeter.

Le « super El Niño » sévissant actuellement dans le Pacifique fait craindre un nouvel effondrement de la capacité des sols à séquestrer le carbone dès l’année prochaine, avec un risque accru de sécheresses et d’incendies dans des régions tropicales clés.

L’an passé, une étude avait révélé que des figuiers africains transformaient le dioxyde de carbone en pierre.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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