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Le CNC a mis en place une formation pour prévenir les violences sexuelles dans le milieu du cinéma. Après le séisme provoqué par les révélations d’Adèle Haenel envers le réalisateur Christophe Ruggia, les employeurs sont dans l’obligation de suivre cette formation.

Comprendre la décision du CNC

Après #MeToo, les accusations d’Adèle Haenel envers Christophe Ruggia et celles envers Roman Polanski, le CNC a décidé de réagir. En effet, Franck Riester avait annoncé en 2019 une série de mesures obligatoires pour lutter contre le harcèlement sexuel dans le cinéma.

Cette formation gratuite et obligatoire a pour objectif de prévenir les violences sexuelles dans le milieu du cinéma. Mardi, le président du CNC, Dominique Boutonnat, a présenté le projet, après une « longue » concertation avec les filières du « cinéma, de l’audiovisuel et du jeu vidéo ». Pour mener à bien ce projet, le CNC s’est associé à l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT) qui dispensera cette formation à 9 000 professionnels.

Au total, la formation possède 90 sessions (la première a eu lieu le 6 octobre 2020) qui seront données d’ici trois ans. Les principaux concernés sont les producteurs, les vendeurs internationaux et les distributeurs. En 2022, ce sont les exploitants et les industries qui se formeront sur le sujet. Le but est de rappeler aux employeurs leurs « obligations légales », détecter les « comportements inappropriés » et définir les « facteurs de risque ».

Que contient cette formation ?

Chaque session comporte deux volets : le présentiel et l’e-learning. Le premier pan permet de « définir les violences sexistes et sexuelles, de connaître les modes de preuve ainsi que les obligations de l’employeur », précise le CNC. Dans un second temps, il s’agira d’un échange en questions/réponses, avant de recevoir une certification des acquis. Ce diplôme est indispensable « pour les sociétés qui souhaitent pouvoir bénéficier des aides du CNC à partir du 1er janvier 2021 ».

Une première critique ressort déjà de ce projet : les réalisateurs ne sont pas concernés. Pourtant, dans la vidéo diffusée en début de session, une technicienne précise : « C’est vraiment le réalisateur qui donne le la, ça va être la seule personne qui va être capable de mettre un stop sur le plateau puisqu’il le fait au sacrifice de son film. » En supplément, une cellule d’écoute psychologique et juridique est mise en place par le Centre à destination des victimes d’emprise, de harcèlement, mais aussi de violences sexistes et sexuelles.

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