
Dans l’est de l’Angleterre, des fouilles ont conduit à une découverte archéologique majeure. Un carnyx remarquablement conservé, qui aurait potentiellement été utilisé lors de batailles ayant opposé les troupes de la reine celte Boadicée aux Romains.
Instrument de guerre
Cette importante trouvaille est intervenue en amont de la construction d’un lotissement dans l’ouest du comté de Norfolk. Généralement faits de bronze, ces instruments à vent verticaux pouvaient mesurer jusqu’à deux mètres de long. Utilisés dans des contextes guerriers, ils possédaient un pavillon stylisé, représentant la gueule d’un animal réel ou légendaire (sanglier, cheval, serpent, dragon…).
De telles trompettes « barbares », connues pour émettre un son rauque, servaient à la fois à galvaniser et coordonner les mouvements des troupes celtes, et à impressionner et désorienter les armées leur faisant face. Le général romain Polybe décrivait notamment la peur des légions romaines durant l’attaque des Gaulois à la bataille de Télamon (225 avant notre ère).
« Les Carnyx faisaient partie de l’attirail des guerriers celtes, au même titre que les cottes de mailles, les boucliers et les lances », précise le communiqué de la société Pre-Construct Archeology. « L’exemple récemment mis au jour est le troisième jamais trouvé en Grande-Bretagne, et l’un des plus complets à l’échelle de l’Europe. »
Archaeologists have announced their discovery of a metal hoard that contained an extremely rare example of a Celtic battle trumpet. https://t.co/ssOp6Pq0CD
— Live Science (@LiveScience) January 7, 2026
Autre découverte majeure : un étendard de bataille en forme de tête de sanglier, indiquant que l’instrument antique et ce dernier constituaient un dépôt rituel.
Un carnyx relié à la révolte de Boadicée
Les datations indiquent l’enfouissement de ces deux artefacts au cours du premier siècle de notre ère, marqué par le soulèvement de plusieurs tribus bretonnes face à l’envahisseur romain.
Autour de 60 de notre ère, la coalition menée par Boadicée , reine de la puissante tribu des Icènes, avait pillé et brûlé plusieurs cités majeures du sud de l’île sous contrôlé romain, avant d’infliger une sévère défaite aux légions de l’Empire à la bataille de Camulodunum.
Cette révolte a pris fin avec la « bataille de Watling Street », au cours de laquelle 80 000 Bretons auraient été massacrés selon l’historien romain Tacite. À ce jour, la cause de la mort de Boadicée, intervenue peu de temps après cet épisode sanglant, restent floues et son lieu de sépulture un mystère.
L’an passé, un trésor de 1 300 pièces antiques, également enterré durant cette période tumultueuse, avait été dans l’ouest de l’Angleterre.