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Ayez toutes les cartes en main pour apprécier Cardcaptor Sakura, ce manga culte qui a conquis le monde

Qui n’as pas entendu parler de Sakura, chasseuse de cartes au moins une fois ? Cette série magical girl n’est pas passée inaperçue au Japon et en France, et a bercé l’enfance de nombre de personnes. Une des oeuvres les plus populaires de CLAMP, Card Captor Sakura n’est pas que rose bonbon et pétales de fleurs. SooGeek vous en dit plus sur ce manga culte.

 

Comment ouvrir un livre peut changer une vie

Petite fille menant une vie tout à fait normale, Sakura Kinomoto vit avec son père et son frère, après la mort de sa mère lorsqu’elle avait 3 ans. Puis un jour, attirée par un bruit provenant de la bibliothèque de son père, elle tombe sur un étrange livre : le Livre de Clow, et poussée par la curiosité, décide de l’ouvrir. S’en échappe alors une multitude de cartes, et la jeune fille se retrouve avec une drôle de peluche ailée sur les bras. Peluche qui lui dit s’appeler Kérobero (ou Kero) et être le gardien du sceau sacré, qui s’était endormi lorsque la fillette a malencontreusement libéré les cartes scellées, les Cartes de Clow. Il lui annonce alors qu’elle doit maintenant retrouver et récupérer toutes les cartes, et qu’il serait son guide et son mentor pour la maitrise de ses nouveaux pouvoirs, grâce à la seule carte qui reste : la carte du vent.

Sakura devient alors « chasseuse de cartes », secondée par Kero tandis que sa meilleure amie Tomoyo Daid?ji (qui se trouve être aussi une cousine éloignée) dessine tous ses costumes de chasseuse et filme ses aventures. Mais la petite se heurte vite à un rival, en compétition pour la capture des cartes : Shaolan Li descendant du créateur des cartes, Clow Reed. Le jeune garçon refuse de reconnaitre Sakura comme véritable chasseuse de cartes et, dans les débuts, du moins, il la méprise et la gêne dans sa
mission.

 

 

Des différences et changements notables entre la version écran et papier

En effet nombre de différences et de changements furent opérés dans l’adaption en anime, surtout en Occident avec la censure. D’abord, un personnage complètement inexistant dans le manga prend une place importante dans l’anime : Meiling Li (Stéphanie pour la version française) fiancée de Shaolan (Lionel pour la VF) et rivale de Sakura dans un premier temps. Ensuite, dans l’anime il n’y a que 19 cartes tandis que dans le manga ce chiffre monte jusqu’à 52, même les captures ne sont pas toutes montrées. De plus, la chronologie, la façon et les lieux de capture de carte ne sont pas les mêmes en fonction de l’anime et du manga. Keroberos prend sa « vraie » forme après la capture d’une carte (que nous ne citerons pas pour ne pas spoiler) dans le manga tandis qu’il a besoin de deux cartes spécifiques dans l’anime. Aussi, Shaolan ne possède que peu de pouvoir sur les cartes, vit seul et prend part au Jugement Final dans le manga tandis qu’il peut activer des cartes, vit avec un gouvernant et sa fiancée Meiling Li dans l’anime.

Mais ce qui est surtout particulier avec l’anime, en France, c’est la « francisation » des noms et prénoms, donnant parfois des résultats assez risibles, surtout que l’héroïne principale garde son prénom japonais. Ainsi Shaolan Li devient Lionel, Tomoyo devient Tiffany, Toya devient Thomas… Pour ces prénoms encore, il y a une certaine correspondance. Mais certains noms n’ont aucun rapport : Chiharu devient Sandrine, Eriol devient Anthony, Fujitaka devient Dominique, Yukito devient Mathieu…
Et tandis que Keroboro reste Kero, son opposé, Spinel Sun, devient bizarrement Gothar.
Sans parler des personnages qui gardent leurs prénoms japonais, comme le professeur de Sakura Yoshiyuki Terada ou (personnage non existant dans le manga) Maki Matusmoto, gérante d’une boutique de cadeaux. Certains événements de fin et les relations entre certains personnages ont aussi été changés pour ne pas choquer les moeurs de l’époque, mais nous en parlerons plus bas.

 

Magical Girl mais pas que

Lorsqu’on vous parle de magical girl, les premiers exemples qui vous viennent à l’esprit sont probablement Sailor Moon, Gigi ou Creamy, et généralement des petites filles rose bonbon entourées de pétales de fleurs. Bien sûr Card Captor Sakura n’échappe pas aux couleurs un peu roses et aux pétales de fleurs, mais contrairement à la plupart des magical girls, Sakura n’as pas pour but de sauver le monde ni d’être juste choupinette avec ses pouvoirs magiques. Le manga Card Captor Sakura a pour thème principal les relations humaines et tout ce que cela implique. De plus certains d’entre vous qui sont familiers à l’univers de CLAMP ont certainement remarqué qu’elles aimaient beaucoup les relations ambigües et parfois taboues dans la société d’aujourd’hui et aux périodes où
lesdites relations n’étaient pas encore bien vues.

On peut citer par exemple la relation entre Toya Kinomoto, le grand frère de Sakura et son meilleur ami Yukito Tsukishiro, et celle entre Yoshiyuki Terada, professeur de Sakura et Rika Sasaki, son élève et camarade de classe de Sakura ; deux relations qui furent complètement censurées dans l’anime, et remplacées par quelque chose de plus « convenable »…
CLAMP voulait incorporer des scènes de transformations dans la série, mais parce que presque toutes les magical girls portent le même costume du début à la fin, les mangakas voulaient que Sakura porte différents costumes tout au long de l’histoire. Les mangakas étaient tous d’accord sur le fait que « c’est assez triste pour une fille de porter les mêmes vêtements tout le temps ».

 

Une créations un peu particulière

L’éditeur du groupe CLAMP, en voyant la fin de sa série Magic Knight Rayearth dans le magazine Nakayoshi, lui a demandé de refaire une série pour ce magazine, et CLAMP a décidé de faire une série dans le genre du magazine. Et c’est ainsi que, malgré une lacune d’expérience dans ce domaine, Nanase Okawa (la chef du groupe) a décidé de faire une série magical girl. Elle voulait que l’héroïne soit dans la même tranche d’âge que la majorité des lectrices du magazine pour que celles-ci puissent s’identifier à elle, et cette particularité a fait que Sakura fut conçue différemment des autres personnages habituels de CLAMP. Une fois que Okawa eut les personnages bien en tête, Mokona, Tsubaki Nekoi et Satsuki Igarashi, les trois dessinatrices du groupe, conçurent les personnages d’après les descriptions de leur chef. Il était prévu que l’histoire soit dans le thème « si tu fait de ton mieux, tout ira comme tu le veux » mais Okawa avait en tête une série où « les minorités seront confortables avec », et de fait le thème choisi fut exprimé à travers Sakura, le personnage principal ouvert d’esprit et tolérant sur les différences et les relations amoureuses.

Et le thème central de Sakura, chasseuse de cartes devint l’amour et les relations humaines ; et tout au long de la série de multiples formes d’amour sont montrées, comme « l’amour fraternel », « l’amour d’enfance », « l’amour à sens unique » et « le grand amour ». Il y a même parfois des moments dans l’histoire où CLAMP ignore la quête des cartes pendant plusieurs chapitres pour se concentrer sur les relations de Sakura et de ceux qui l’entourent. Toutes ces relations sont présentées comme les vivent les personnages, CLAMP évitant avec précaution de passer un jugement sur le bien-fondé de ces relations… Particulièrement sur la relation entre l’élève de primaire Rika Sasaki et son professeur, Yoshiyuki Terada, qui est présentée de manière à paraitre mignonne et innocente, ou qui peut être vue, en y regardant de plus près, comme une histoire perturbante de pédophilie… Et alors que Okawa a créé l’histoire du début à la fin, elle ne révéla jamais l’intrigue au reste de l’équipe, délivrant le script chapitre par chapitre. De fait Mokona dessina initialement Tomoyo, la meilleure amie de Sakura, de sorte à sous-entendre qu’elle était amoureuse de Toya (le frère de Sakura), et ce fut une très grosse surprise pour elle de découvrir le script du chapitre révélant l’amour que porte Tomoyo à Sakura.
Okawa explique que Tomoyo et Sakura n’ont pas fini ensemble pas parce que Tomoyo était une fille, mais parce que Sakura n’aimait pas Tomoyo de manière romantique, mais comme une amie.

 

 

Sakura Card Captor est indéniablement un manga culte qui a marqué toute une génération d’enfants dans les années 1990. Le style de CLAMP et les personnages attachants font de cette série un plaisir à visionner, malgré les différences notables entre le manga et l’anime. Et vous, connaissiez-vous Card Captor Sakura ou découvrez-vous son existence ?

Par Helia Ricard, le

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