
Des scientifiques ont récemment décrit un cas médical aussi tragique que rare : le transfert in utero de cellules cancéreuses entre deux jumelles, décédées peu après leur naissance.
Des sarcomes prénataux
Amelia et Amaya ont été mises au monde par césarienne à 34 semaines de grossesse après qu’une grosseur a été détectée chez l’une d’elles lors d’une échographie. À leur naissance, les médecins ont constaté qu’elles avaient développé plusieurs tumeurs cancéreuses, qui se sont révélées fatales. Dévastée, leur mère a malgré tout souhaité que ce cas soit étudié par Sam Behjati et ses collègues du Wellcome Sanger Institute de Cambridge.
Le séquençage génétique de cellules provenant du placenta, ainsi que des organes et des tumeurs des jumelles, a offert aux chercheurs un aperçu précis des mutations accumulées au fil du développement et de la progression du cancer.
Une fusion anormale des gènes MN1 et ZNF341 s’est produite chez l’une des jumelles vers la fin du premier trimestre, entraînant la formation de tumeurs au niveau du visage, du cerveau, du foie et d’autres organes. Celles-ci ont été identifiées comme de rares sarcomes des tissus mous. Vers la fin du second trimestre, les cellules tumorales se sont propagées à la seconde jumelle, probablement via la circulation sanguine.
« Lorsque l’on partage le même placenta, on finit inévitablement par partager les mêmes vaisseaux sanguins », explique Sam Behjati dans un article consacré à cette étude publiée dans la revue Nature Communications. « La tumeur initiale de la seconde jumelle semble s’être développée à partir d’une seule cellule cancéreuse de sa sœur, qui a migré puis s’est multipliée. »
In a very rare case, a fetus developed cancer in the uterus, and these tumour cells spread to her twin sister https://t.co/snwjnzlKiw https://t.co/lbmKF2Lnx3
— New Scientist (@newscientist) October 14, 2026
Une découverte surprenante
Alors que l’on supposait depuis longtemps que les jumeaux identiques provenaient d’un même embryon se divisant en deux, avec la moitié des cellules donnant naissance au premier et le reste au second, le cas d’Amelia et Amaya s’est révélé bien différent.
Behjati et ses collègues ont en effet constaté que la première jumelle s’était développée à partir d’une seule cellule, tandis que toutes les autres avaient formé la seconde jumelle et l’ensemble du placenta.
Bouleversant notre compréhension des grossesses gémellaires, une telle découverte remet en question le modèle classique de formation des vrais jumeaux et ouvre de nouvelles pistes pour étudier les premiers stades du développement embryonnaire et mieux comprendre l’apparition de certaines anomalies congénitales.
Il y a quelques années, des chercheurs japonais avaient rapporté des cas d’enfants atteints d’un cancer du poumon ayant acquis les cellules tumorales de leur mère lors de l’accouchement ou peu de temps avant leur naissance.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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Catégories: Actualités, Santé