© ESA / DLR / FU Berlin CC BY-SA 3.0 IGO

Des planétologues ont récemment émis l’hypothèse que les étranges formations coniques surmontées de petits cratères que l’on trouve sur la planète rouge seraient des volcans de boue, qui s’écoulerait de la même façon que la lave sur Terre.

Des dizaines de milliers de volcans de boue potentiels sur Mars

Bien que Mars ait abrité de nombreux volcans « classiques » crachant de la lave, l’un d’entre eux ayant notamment donné naissance à l’Olympus Mons, plus haut relief du Système solaire (25 kilomètres), certains volcans martiens actuels seraient susceptibles d’entrer en éruption et d’expulser de la boue plutôt que de la roche en fusion. C’est en tout cas l’hypothèse formulée par une équipe de chercheurs européens, dont les travaux ont été présentés dans la revue Nature Geoscience.

L’hémisphère nord de Mars est parsemé de dizaines de milliers de collines coniques, dont certaines sont surmontées de petits cratères. Certains chercheurs ont suggéré que ces étranges formations auraient été créées par des volcans de boue, mais cette hypothèse avait jusqu’à présent été difficile à vérifier, étant donné le manque d’informations relatives à la façon dont la boue s’écoulait sur la planète rouge, possédant une pression atmosphérique 150 fois inférieure à celle de la Terre et où les températures se situent très souvent en dessous de zéro.

Dans le cadre de leurs expériences, les auteurs de cette nouvelle étude ont utilisé de petites chambres basse pression imitant les conditions régnant sur Mars (à l’exception de la gravité de la planète rouge, s’avérant 40 % supérieure à celle de la Terre) afin d’observer l’écoulement de boue. Et les résultats obtenus se sont révélés pour le moins surprenants.

Ces écoulements de boue se révèleraient bien différents de ceux observés sur Terre

« Sous la basse pression atmosphérique martienne, les coulées de boue se comportent à peu près de la même manière que la lave pahoehoe, libérée par les volcans hawaïens et formant de nombreux plis lorsqu’elle s’écoule », souligne Petr Broz, de l’Académie tchèque des sciences. « Nos expériences montrent que même un processus apparemment aussi simple que l’écoulement de boue, que nous sommes nombreux à avoir observé sur Terre, se révèlerait bien différent sur Mars. »

Sur Mars, la surface extérieure de la boue se met à geler au contact de l’air, et forme une fine croûte, sous laquelle la boue liquide continue à s’écouler lentement, ce qui entraîne par endroits la rupture de cette mince pellicule solide. Les nouvelles coulées formées se recongèlent immédiatement et forment alors de nouveaux lobes d’écoulement. Si ces nouveaux résultats ne démontrent pas de manière définitive que les collines du nord de Mars sont des volcans de boue, ils renforcent cette interprétation, en montrant qu’une telle activité géologique est possible sur cette planète (voir image ci-dessous).

« Une fois de plus, il s’avère que les spécificités atmosphériques différentes doivent toujours être prises en compte lorsque l’on examine des caractéristiques de surface apparemment simples sur d’autres planètes », rappelle Ernst Hauber, de l’Institut de recherche planétaire DLR à Berlin. « Nous devrons dorénavant prendre en compte la possibilité qu’il puisse s’agir de boue ou de lave lors de l’analyse de certains phénomènes d’écoulement. »

Selon les chercheurs, des volcans de boue pourraient être potentiellement actifs aujourd’hui sur Mars, ce qui irait dans le sens de précédentes analyses suggérant que la planète rouge abrite de grands réservoirs d’eau souterraine, y compris un vaste lac près de son pôle sud.

© NASA / JPL-Caltech / University of Arizona

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