Vous n’imaginez pas tout ce qu’endurent les astronautes après un voyage dans l’espace

Vous n’imaginez pas tout ce qu’endurent les astronautes après un voyage dans l’espace

Nous sommes presque tous d’accord pour dire que les astronautes envoyés dans l’espace ont une chance incroyable ! Ils peuvent admirer notre belle planète bleue avec une vue jalousée par tous, ils prennent part à des missions exceptionnelles, ils peuvent librement flotter dans leur vaisseau, mais surtout ils prennent d’énormes risques pour leur santé. Et oui, tout n’est pas rose pour les astronautes. En effet, après leur voyage dans l’espace, le corps et l’esprit de nos chers astronautes sont soumis à rude épreuve dès leur retour sur Terre. Tour d’horizon des effets négatifs du vol spatial.

MUSCLES ATROPHIÉS ET OS DÉTÉRIORÉS

Lorsque leurs corps sont soumis à l’apesanteur pendant une longue période, leurs muscles s’atrophient et leurs squelettes se détériorent. En effet, dans la Station Spatiale Internationale (ISS) par exemple, les astronautes n’ont pas à fournir d’efforts pour se déplacer ou faire des choses, ils sont bien aidés par l’absence de gravité. Mais ceci a un coût pour leurs corps qui voient leurs muscles sous-utilisés.

Pour contrer cet effet indésirable, les astronautes coincés dans l’ISS sont obligés de pratiquer 2 heures de sport dans une salle spécialement conçue. De la même manière que sur Terre, les astronautes perdent de la masse osseuse. Sur Terre, ce phénomène touche les personnes âgées à raison de 1 à 1,5 % de leur densité osseuse par an, les astronautes eux risquent une perte de 1% par mois ! Dès lors, ils s’exposent au risque de développer des calculs rénaux ou de souffrir d’ostéoporose ou d’une fracture. C’est comme si leur corps avait vieilli soudainement.

UNE COLONNE VERTÉBRALE ALLONGÉE

Les astronautes prennent plusieurs centimètres après un voyage dans l’espace. Ils grandissent mais ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle pour eux. Cette déformation de leur colonne entraîne des maux de dos. Pour remédier à ce problème, les scientifiques testent plusieurs combinaisons empêchant les astronautes de grandir. Côté français,Thomas Pesquet a testé une de ces combinaisons lors de son voyage dans l’ISS.

Six astronautes qui s’entraînent au Johnson Space Center grâce à de courtes périodes de microgravité

L’apesanteur conduit également à un ralentissement des fonctions du système cardiovasculaire et à une diminution de la production de globules rouges. Le flux sanguin est alors mal réparti dans le corps : la moitié supérieure du corps, en particulier la tête et la poitrine sont privilégiées. Ceci peut alors entraîner des risques d’hypertension artérielle ou même d’arythmie cardiaque. Cette redistribution des fluides libérés de l’attraction de la gravité est à l’origine des troubles de l’équilibre et d’une perte de goût et d’odeur lors du voyage spatial et qui se dissipent une fois sur Terre.

UNE VISION DIMINUÉE

Ce phénomène entraîne également des risques pour la vision parfaite de nos astronautes. Cette déficience visuelle est également due à la pression intracrânienne. La NASA a par exemple affirmé que 15 de ses astronautes masculins, entre 45 et 55 ans, ont subi des changements visuels et anatomiques pendant ou après des vols de longue durée. Thomas Pesquet a également confirmé sentir sa vision diminuée lors de son voyage. Pour mieux saisir les problèmes de visions des astronautes dans l’espace, le Daily Geek Show a réalisé un article complet sur le sujet à retrouver ici.

L’astronaute Marsha Ivins démontre les effets de la gravité zéro

Avec le manque de contact avec le sol dû à l’apesanteur, les astronautes n’ont pas l’occasion de voir la peau de leurs pieds s’épaissir grâce aux frottements comme vous et moi. Au contraire, la peau de leurs pieds devient plus fine et plus douce. Un avantage esthétique me direz-vous ?

Pas vraiment. Ces jolis pieds de bébé sont plus fragiles, impossible donc de marcher pieds nus comme si de rien n’était en arrivant sur Terre. Cependant, cet inconvénient sera de court terme, puisqu’une fois revenu, leur peau devrait se raffermir toute seule.

 

UN TAUX D’EXPOSITION AUX RADIATIONS 100 A 1000 FOIS PLUS ÉLEVÉ

Tout comme des employés travaillant dans les centrales nucléaires, les astronautes sont exposés à des taux de radiations bien plus élevés que la normale. A vrai dire, le taux d’exposition aux radiations naturelles et cosmiques est 100 à 1 000 fois plus élevé dans l’espace que sur Terre. A cause de cette exposition importante, les astronautes sont soumis à un risque important de développer des cancers. Les radiations cosmiques peuvent également entraîner des dommages sur le système nerveux central se traduisant par des fonctions cognitives altérées, des fonctions motrices réduites et des troubles comportementaux.

L’astronaute Clayton Anderson observe une bulle d’eau qui flotte devant lui

Outre les problèmes physiques évidents mis en lumière jusque-là, les astronautes sont également soumis à des problèmes psychologiques. Heureusement, pour la plupart de ces problèmes, un suivi avant, pendant et après la mission spatiale permet d’éviter de trop fortes tensions psychologiques.

Mark Vande Hei, un colonel de l’armée à la retraite dans la piscine du Laboratoire de flottabilité neutre de la NASA près du Johnson Space Center à Houston

Par exemple, la quantité et la qualité du sommeil dans l’espace sont médiocres. Les cycles de lumière et d’obscurité sont très variables. Dès lors, le sommeil est perturbé et les astronautes prennent de mauvaises habitudes.

Heureusement ils les perdront après un certain temps sur Terre. Le stress pesant sur l’équipage et les changements physiques de leurs corps peuvent également entraîner anxiété et dépression.

Vous l’aurez compris les astronautes sont soumis à rude épreuve dans l’espace et le retour sur Terre n’est pas sans danger. Ils s’exposent en connaissance de cause à des épreuves tant physiques que psychologiques. Risque de cancer, perte de leur vision parfaite, diminution de leur masse osseuse, les inconvénients d’un voyage dans l’espace peuvent largement égaler les avantages. Alors, prêt(e) pour un petit vol ?

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