Aller au contenu principal

Ces médicaments utilisés par 20 millions de Français ne favorisent pas le cancer, selon cette étude

Ces résultats ont d’importantes implications pour les patients ayant besoin d'un traitement à long terme

— nokwalai / Shutterstock

Les anti-acides comptent parmi les médicaments les plus prescrits en France. Une nouvelle méta-analyse remet largement en question la possibilité qu’ils augmentent le risque de cancer de l’estomac.

Les inhibiteurs de la pompe à protons

Utilisés pour soulager les brûlures d’estomac et traiter le reflux gastro-œsophagien, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) agissent en bloquant une enzyme impliquée dans la production d’acide gastrique. S’ils permettent une réduction significative de symptômes associés et contribuent à protéger la muqueuse digestive, au fil des années, ils ont été associés à des affections telles que la démence et le cancer, avec notamment un risque triplé des formes touchant l’estomac.

Afin d’en savoir plus, une équipe internationale de chercheurs s’est appuyée sur un vaste ensemble de données médicales provenant de cinq pays nordiques (Danemark, Finlande, de Islande, Suède et Norvège). Sur l’échantillon total de 172 297 sujets, il s’est avéré que 17 232 avaient développé un cancer de l’estomac au cours de la période étudiée (1994 à 2020).

Les auteurs de l’étude, publiée dans le British Medical Journal, ont expliqué avoir exclus les utilisations d’IPP cantonnées aux douze mois précédant le diagnostic de cancer. Selon eux, dans ces cas, les symptômes qu’ils visaient à traiter étaient en fait les premières manifestation de la maladie.

Une fois les facteurs de confusion habituels pris en compte, aucune corrélation entre l’utilisation prolongée d’inhibiteurs de la pompe à protons et une augmentation du risque d’adénocarcinome gastrique ne subsistait.

— Orawan Pattarawimonchai / Shutterstock.com

D’importantes implications

S’ils précisent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, Jesper Lagergren, de l’Institut Karolinska, et ses collègues estiment que la méthodologie employée, ainsi que l’ampleur de l’échantillon et la longue période étudiée (26 ans) réfutent l’idée que les inhibiteurs de la pompe à protons provoquent le cancer de l’estomac.

Selon Lagergren, ces résultats ont des implications majeures pour les patients ayant besoin d’un traitement à long terme, et que les conclusions de travaux antérieurs auraient pu refroidir.

« Un reflux gastrique chronique non traité peut entraîner des complications graves, notamment un cancer de l’oesophage », rappelle le chercheur.

L’an passé, un traitement avait permis de rallonger de 40 % l’espérance de vie de personnes atteintes d’un cancer de l’estomac.

Par Yann Contegat, le

Source: New Atlas

Étiquettes: ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *