6 anecdotes qui vous lèvent le voile sur le mystère des ninjas

6 anecdotes qui vous lèvent le voile sur le mystère des ninjas

Personnages incontournables du paysage nippon, les ninjas sont aussi connus que les samouraïs ou les geishas. Souvent présentés comme des assassins discrets et redoutables, la réalité est légèrement différente de ce qui est montré dans les œuvres fictives. En réalité, ces hommes de l’ombre plus proches des espions que des assassins sont loin des clichés que nous avons sur leur histoire, leurs techniques de combat et même sur leur nom. Percez les secrets des plus mystérieux guerriers du Japon à travers ces 6 faits méconnus sur les ninjas.

 

ILS ÉTAIENT DAVANTAGE ESPIONS QUE COMBATTANTS

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Très présents dans les films et les dessins animés des années 80-90, les ninjas peuvent être vus uniquement comme des combattants redoutables capables de désarmer un adversaire en quelques secondes ou comme des assassins discrets. S’il est vrai que les ninjas savent se battre, leurs missions étaient bien différentes de celles que vous avez vues ou lues et une petite leçon d’Histoire s’impose.

Apparus entre le XVIIIe et le XIXe siècle au Japon (même s’il est difficile de définir la date exacte de leur apparition), les ninjas seraient à l’origine des groupes de guerriers reniés agissant comme des milices civiles. Pendant la période féodale, ils proposaient leurs services aux seigneurs des différentes provinces du pays en accomplissant de l’espionnage, du sabotage ou encore de l’infiltration. Leur activité de ninjas était souvent secondaire et beaucoup exerçaient un métier en parallèle. Par la suite, le terme désignait toute personne s’étant formée au Ninjutsu.

 

LE TERME « NINJA » N’EST UTILISÉ QUE DEPUIS PEU

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Si nous avons pris l’habitude de les nommer ainsi, le terme « ninja » n’est en réalité apparu qu’au XIXe siècle. Il tire d’ailleurs son origine de la déformation de leur nom en chinois. Le système d’écriture nippon étant basé sur le chinois, il faut regarder comment s’écrit ce mot pour comprendre cette déformation. Le ninja est désigné en chinois par le mot 忍者. Les deux caractères qui le composent signifient « endurer, espionner ou cacher » pour le premier et « personne » pour le deuxième.

En chinois, un ninja est donc une personne qui espionne. Mais en japonais, une personne qui espionne est appelée « Shinobi mono ». Au Japon, ceux que nous appelons ninjas sont donc appelés Shinobis, mais quand les Occidentaux sont arrivés au Japon, on a présenté ces guerriers comme des ninjas simplement car le mot shinobi était difficile à prononcer. C’est donc grâce aux Occidentaux que les ninjas sont appelés ainsi de nos jours.

 

LES SHURIKENS N’ÉTAIENT PAS UTILISÉS POUR TUER

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Considéré comme l’arme ninja par excellence, le shuriken fat partie de l’arsenal des guerriers de l’ombre. Cependant, ce petit objet métallique n’était pas la seule arme qu’utilisaient les ninjas. Un shuriken ne servait d’ailleurs pas à tuer une cible mais simplement à le distraire. Le shuriken était une tige de métal pointue à l’une de ses extrémités. La petite étoile métallique tranchante que beaucoup appellent shuriken se nomme en réalité shaken.

A l’image du ninja, le shuriken est une arme lancée, légère et silencieuse, qui frappait par surprise. Si un ninja devait assassiner quelqu’un, il pouvait d’abord lancer un shuriken pour détourner l’attention ou blesser une personne en visant une zone sensible comme le visage. Une fois lancé, le ninja pouvait apparaître et finir le travail en utilisant des armes plus dangereuses comme un ninjato qui est un sabre court ou un kusarigama, une petite faucille attachée à une chaîne.

 

LA TENUE DES NINJAS N’A RIEN À VOIR AVEC CELLE DES CLICHÉS

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Dans l’imaginaire de beaucoup, les ninjas sont entièrement vêtus de noir et portent une cagoule sur la tête. Cependant, s’ils portaient cette tenue, ils ne réussiraient jamais leur mission. Porter une tenue uniforme n’est pas idéale pour être discret notamment quand on doit espionner quelqu’un. Et contrairement aux idées reçues, les ninjas étaient souvent des personnes comme les autres dans leur façon de se vêtir.

Maîtres en matière de déguisement, ils n’hésitaient pas à adopter l’allure des autres pour accomplir leurs missions. Pour ne pas se faire remarquer, ils pouvaient se glisser dans la peau de jardiniers, de paysans ou même de moines dont on ne se méfiait pas. Cela ne leur empêchait pas de cacher dans ces déguisements quelques armes. L’image de l’homme entièrement vêtu de noir n’est donc qu’une invention moderne même si l’on peut en voir dans certaines œuvres d’Hokusai car le cliché veut que le ninja soit invisible et agisse de nuit, d’où le noir supposé de sa tenue.

 

L’ART DU NINJUTSU

Ninjutsu

Afin d’exercer leurs talents en tant que shinobi, les guerriers devaient tout d’abord se former au Ninjutsu. Signifiant littéralement « l’art de persévérer », le Ninjutsu est un art formant à la survie, au combat et à d’autres capacités utiles pour espionner et saboter. Enseignés dans certaines écoles, ces techniques variées permettaient aux ninjas de faire face à toutes les situations et celles-ci ne se limitent pas seulement à des techniques de combat utilisant ou non des armes.

Au-delà des différentes techniques de combat liées à la maîtrise de leur arsenal, les ninjas étaient formés à de nombreuses techniques indispensables à l’accomplissement de certaines de leurs missions. Dans le cadre de leur formation, leurs maîtres leur apprenaient les secrets de la stratégie militaire (le Gunryaku), plusieurs techniques d’évasion (le Tonpo, le Guton et le Juton), l’infiltration (le Shinobi Iri), le déguisement (l’Onshinjitsu) ou à viser les poings vitaux d’un ennemi par une simple pression des doigts (le Kyushojitsu).

 

ÊTRE NINJA N’ÉTAIT PAS RÉSERVÉ AUX HOMMES

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S’il peut être vu comme un milieu machiste et exclusivement masculin, le monde des ninjas est en réalité mixte. Les femmes ninjas étaient nombreuses et elles avaient même un nom que certains ont découvert grâce aux animes : les kunoichis. On faisait appel à leurs services pour réaliser des missions d’espionnage. Aussi rusées que les hommes, elles aussi usaient de leurs talents mais aussi de leurs charmes pour approcher leurs cibles.

Leur formation au Ninjutsu pouvait comprendre le Yugei, une technique leur permettant d’apprendre à jouer d’un instrument, à chanter ou à maîtriser l’art de la conversation. Afin de récolter des informations ou surveiller des cibles, les kunoichis se glissaient dans la peau de danseuses ou d’artistes pour s’approcher au plus près des personnes à surveiller. Elles pouvaient également si cela était nécessaire utiliser leurs atouts physiques pour mener à bien leurs missions.

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Le monde des ninjas, loin des clichés, était donc un milieu ouvert à tous et où chacun pouvait mettre en service ses dons pour la survie et la discrétion. Très secret mais encore présent de nos jours, les ninjas n’ont pas fini d’alimenter notre imaginaire même s’ils sont loin de l’image que l’on peut en avoir.

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