
Au Japon, des médecins ont documenté un cas clinique rare : un homme atteint d’amnésie depuis de longues années, qui a recouvré la mémoire après avoir trouvé un emploi moins exigeant.
Amnésie dissociative généralisée
Les traumatismes crâniens ne représentent que l’une des causes de l’amnésie. Sa forme dissociative généralisée, caractérisée par la perte soudaine de l’ensemble de la mémoire épisodique autobiographique, peut notamment être déclenchée par un stress ou un choc psychologique sévères, comme l’illustre le cas d’un homme de 40 ans, pris en charge par le service de psychiatrie de l’hôpital universitaire d’Hokkaido.
Décrit comme une personne douce et introvertie, celui-ci tenait auparavant une petite librairie ayant fait faillite. Lors du dernier jour d’une formation professionnelle ultérieure, il a soudainement perdu le moindre souvenir de sa vie passée. Retrouvé par un ami errant dans les rues de Sapporo, il a été hospitalisé.
Si les scanners n’ont montré aucune lésion cérébrale, une diminution significative du débit sanguin au niveau de la zone ventrale droite du lobe temporal a été observée. En parallèle, des tests ont révélé un léger déclin de ses fonctions cognitives, mais une mémoire de travail largement intacte. Les médecins ont conclu qu’il souffrait d’amnésie dissociative liée à un épisode dépressif léger. Sous antidépresseurs, il a pu quitter l’établissement quatre mois plus tard.
Sa relation avec son père s’étant détériorée, l’homme a été admis dans un foyer d’accueil, et a commencé à travailler dans un petit bureau, occupant un emploi salarié pendant six ans et dix mois, toujours dans un profond état d’amnésie.

« Remède » miracle
Le « remède » miracle s’est avéré être un changement de poste, impliquant moins de responsabilités et quelques heures de travail quotidien. Deux semaines plus tard, l’homme se souvenait à nouveau de chaque détail de sa vie. « Il se rappelait même avoir fait une overdose médicamenteuse l’ultime jour de sa formation », précise le rapport, publié dans la revue BMJ.
Des examens complémentaires ont révélé un débit sanguin normal dans son lobe temporal, et des tests cognitifs confirmé qu’il avait bel et bien retrouvé la mémoire.
Bien qu’il soit difficile de tirer des conclusions générales à partir de ce seul cas, il enrichit la littérature scientifique et ouvre la voie à des études plus poussées sur l’amnésie dissociative généralisée. « Il sera notamment important de confirmer que le rétablissement de la mémoire coïncide avec l’augmentation du débit sanguin, même en cas d’affection de longue durée », concluaient les chercheurs.
Précédemment, des médecins avaient rapporté un autre cas médical remarquable : la rémission d’un cancer après une simple biopsie.