L’association Eau et Rivières de Bretagne a porté plainte contre deux géants du commerce en ligne pour vente illégale de pesticides interdits. Cette association mène un combat contre les pesticides depuis longtemps. En 2009, elle avait déjà épinglé Monsanto pour publicité mensongère sur du Roundup, un herbicide présenté comme « biodégradable » qui laisse « le sol propre ».

Plainte contre Amazon et eBay pour vente illégale de pesticides

Amazon et eBay ont-ils vendu des produits phytosanitaires illégaux à des particuliers ? C’est ce que dénonce l’association Eau et Rivières de Bretagne qui a porté plainte contre les deux géants du web.

En octobre dernier, elle affirme avoir pu commander en ligne « très facilement plusieurs bidons de pesticides interdits« . Certains contenaient même du glyphosate. Pourtant « la loi interdit depuis le 1er janvier 2019 l’achat, la détention et l’utilisation d’un grand nombre de pesticides. Il nous semble complètement anormal que cette loi soit bafouée par de grandes multinationales », a expliqué Dominique Le Goux, chargée de mission de l’association, lors d’une conférence de presse.

Amazon avait déjà été averti par Eau et Rivières de Bretagne au printemps et avait alors retiré les produits concernés de la vente. Mais l’association affirme qu’Amazon les auraient proposés à nouveau peu après.

— Firn / Shutterstock.com

Comment ont réagi Amazon et eBay ?

Les deux plateformes ont annoncé qu’elles allaient supprimer les annonces en question. Amazon a promis de mobiliser ses équipes et outils pour mieux réguler les annonces et a demandé « à tous les vendeurs de se conformer à (ses) politiques de vente« . Delphine Dauba-Pantanacce, responsable juridique internationale des affaires règlementaires sur eBay, assure que « la vente illégale de pesticides (…) est strictement interdite. Nous supprimons toute annonce proposant des produits interdits qui nous est signalée. »

Mais ces déclarations sont loin de convaincre Brieuc Le Roch, membre de l’association : « Ce n’est pas au citoyen de faire la police » qui n’a pas à contacter les plateformes à chaque fois qu’un produit illégal est mis en vente.

Selon le code rural, la vente illégale de pesticides à des particuliers est punie de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 300.000 euros, dont le montant peut être porté à 10 % du chiffre d’affaires moyen.

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