L’ADN de lama a le potentiel de sauver des millions de vies humaines

Alors qu’on recense déjà plus de 2,4 millions de consultations pour des symptômes grippaux en 2018 et causé près de 13 000 décès lors de l’épidémie 2017-2018, ce virus qui touche en nombre les français notamment en période hivernale reste toujours difficile à traiter. En effet, sa capacité de mutation et d’évolution le rend difficile à cibler, obligeant chaque année les chercheurs et épidémiologistes à réadapter les vaccins. Cependant, un animal familier pourrait venir à notre rescousse dans les années à venir : il s’agit du lama.

A la recherche d’une solution durable pour traiter un fléau récurrent

La grippe est un fléau récurrent pour les français, tout particulièrement lors des périodes de froid hivernale comme celle qui s’annonce. Sa capacité sournoise à s’adapter à son environnement et à se renforcer au fil du temps pose de nombreux problèmes, comme l’obligation de renouveler les vaccins la traitant annuellement, l’incertitude des spécialistes qui traitent un virus en en constante évolution, mais également la difficulté, voire l’impossibilité pour l’organisme humain de développer des anticorps permettant une immunité sur le long terme.

Près de 60 virus grippaux différents et connus pourraient aujourd’hui atteindre l’Homme, et ces virus actuellement divisés en deux catégories: ceux qui relèvent de la grippe A et ceux issus qui relèvent de la grippe B. Toute la difficulté de traiter ces virus repose sur le facteur aléatoire de la souche virale à traiter pour l’année à venir. Cette incertitude fait malheureusement varier l’efficacité de ces vaccins avec un taux de réussite situé entre 20 et 60 %.

Grâce aux tests sur des souris, un groupe de chercheurs californiens a cependant trouvé un moyen de protéger contre les deux principaux types de groupe (A et B) : une solution surprenante qui nous vient directement … du lama !

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Des résultats efficaces malgré des recherches encore expérimentales

Pour obtenir ces résultats, les scientifiques se sont basés sur un constat simple : alors que nos anticorps (des protéines qui permettent de détecter et de neutraliser les maladies et infections) sont trop épaisses pour atteindre et soigner efficacement ce virus complexe, certaines espèces animales possèdent des anticorps plus petits et donc potentiellement plus efficace pour soigner ces maladies alambiquées. Alors qu’on trouve parmi ces espèces les requins, les chameaux et les lamas, c’est sur ces derniers que les chercheurs ont choisi de se focaliser.

En raccourcissant ces anticorps de lama, ils ont été à même d’isoler celui qui traiterait la grippe A et celui qui traiterait la grippe B, afin d’obtenir un traitement aussi complet que possible pour l’être humain. Après administration à des souris par voie nasale (car celle-ci est très vascularisée et très vulnérable aux virus grippaux), ils ont pu constater « des résultats d’une ampleur et d’une puissance impressionnante », d’après l’étude publiée dans la revue Science.

Ainsi, l’organisme des rongeurs a évolué et ceux-ci se sont mis à produire leurs propres anticorps, les rendant capables de résister à des doses normalement létales de virus grippaux, et ce, pour plus de 60 variantes de virus. Une avancée spectaculaire qui pourrait notamment protéger les personnes âgées aux systèmes immunitaires plus faibles, et qui sont particulièrement touchés par ces épisodes de grippe.

Cependant, beaucoup de chemin reste à parcourir pour que les recherches soient appliquées à l’Homme car les recherches sont encore en phase d’expérimentation. La craintes de réactions négatives à la présence d’anticorps inconnus est également un facteur à prendre en considération avant d’envisager des prescriptions à l’Homme.
Malgré tout, en cas de réussite, l’outil pourrait s’avérer sur le long terme être un bon rempart contre de futures pandémies grippales.

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