
L’examen des clichés du télescope spatial Hubble a révélé une nouvelle « bizarrerie » dans l’atmosphère de Saturne, dont les mécanismes de formation restent à ce stade mal compris.
Motif complexe
Sixième planète du Système solaire, Saturne est une géante gazeuse surtout connue pour son vaste système d’anneaux, composé principalement de glace et de débris rocheux. Affichant un diamètre près de neuf fois supérieur à celui de la Terre, elle possède une atmosphère remarquablement dense.
Si des observations réalisées dans les années 1980 avaient révélé la présence d’une étrange structure hexagonale près de son pôle nord, beaucoup plus récemment, c’est une formation encore plus intrigante, et un peu plus petite, qui a été repérée à l’autre extrémité de la planète.
Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, elle présente des côtés clairement définis et s’apparente, vue du dessus, à un décagone. Une structure géométrique comportant 10 côtés et autant d’angles. L’examen des images de Hubble prises entre 2023 et 2025 a permis d’estimer son diamètre à environ 13 000 kilomètres, légèrement supérieur à celui de la Terre.
A decagon – a geometric polygon with 10 sides and 10 angles – has been found on Saturn, and nobody is quite sure how it got there https://t.co/lFLbO5wL6E
— New Scientist (@newscientist) September 2, 2026
À ce stade, Amy Simon, de la NASA, et ses collègues la lient à une gigantesque onde atmosphérique, elle-même façonnée par un puissant courant-jet serpentant près du pôle Sud de la planète, ou à une tempête, sur la base de son déplacement sensiblement plus marqué que son homologue septentrional au gré de la rotation de la géante gazeuse.
Une structure sans équivalent
Aucun engin spatial n’ayant survolé Saturne depuis 2017, on ignore précisément quand ce décagone s’est formé, mais il est récent et, à ce jour, sans équivalent. « Bien que les pôles de Jupiter abritent des ensembles de cyclones, nous n’avions jusqu’à présent jamais observé de motif polygonal aussi complexe et organisé », souligne Andrew Ingersoll, du California Institute of Technology.
Plus globalement, cette découverte offre un aperçu de la dynamique atmosphérique profonde de Saturne et de sa nature remarquablement turbulente.
Ignorant combien de temps ce décagone géant pourrait perdurer, Simon et ses collègues prévoient de continuer à l’étudier à l’aide d’autres télescopes, notamment James-Webb, dont les puissants instruments pourraient aider à percer davantage de ses secrets.
Précédemment, les données de la sonde Cassini avaient éclairé la formation des gigantesques tempêtes saturniennes.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: saturne, système solaire
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