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La Chine mise sur une batterie de 148 mètres de haut pour répondre aux défis du stockage électrique

Une tour aussi haute qu’un immeuble de 50 étages, capable de stocker de l’électricité sans lithium ni réactions chimiques : voilà l’étonnant pari de la Chine. Derrière cette construction spectaculaire se cache une technologie qui pourrait changer la manière d’exploiter les énergies renouvelables.

Vue aérienne photoréaliste d'une immense installation industrielle illustrant la batterie gravitaire Rudong EVx de 148 mètres en Chine.
En Chine, l’installation Rudong EVx utilise la gravité pour stocker jusqu’à 100 MWh d’électricité en soulevant puis en abaissant de lourds blocs, une alternative innovante aux batteries chimiques – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À quelques kilomètres de Shanghai, une tour de 148 mètres cache une étonnante réserve d’énergie

Dans la province chinoise du Jiangsu, une construction hors norme attire les regards. Elle culmine à 148 mètres, soit la hauteur d’un immeuble de près de 50 étages. Son emprise au sol impressionne tout autant : 120 mètres sur 110. Rien ne laisse deviner sa fonction. Pourtant, ce géant industriel n’abrite ni bureaux ni logements. Il sert à stocker de l’électricité.

Cette installation porte le nom de Rudong EVx et exploite une technologie développée par Energy Vault. Sa particularité ? Elle peut conserver 100 mégawattheures d’énergie sans utiliser de batteries chimiques traditionnelles. Cette réserve permettrait théoriquement de recharger environ 1 500 véhicules électriques de taille moyenne. Une prouesse qui repose sur un mécanisme vieux comme le monde, mais rarement exploité à cette échelle.

Le secret de cette batterie monumentale repose sur une force que chacun connaît depuis l’enfance

Le principe paraît presque trop simple pour fonctionner. Soulever un objet lourd lui fait accumuler de l’énergie. Lorsqu’il redescend, il peut en restituer une partie. C’est exactement ce qui se produit dans cette tour chinoise. Des moteurs et des systèmes de levage déplacent verticalement des blocs massifs. La gravité devient ainsi un moyen de stockage.

Quand les éoliennes produisent davantage d’électricité que nécessaire, cette énergie peut alimenter les moteurs. Les blocs montent alors dans la structure et accumulent de l’énergie potentielle. Lorsque les besoins augmentent, le mouvement s’inverse. Les masses redescendent et entraînent des générateurs. Le réseau récupère ensuite l’électricité produite, sans qu’aucune réaction chimique intervienne dans ce processus mécanique.

Cette méthode possède un cousin bien connu : le stockage hydroélectrique par pompage. Dans ce système, des pompes déplacent l’eau entre deux réservoirs situés à différentes hauteurs. Rudong EVx reprend cette logique, mais remplace l’eau par des blocs. Plus besoin de montagne ou de barrage. En contrepartie, le dispositif exige une construction gigantesque, des équipements mécaniques résistants et beaucoup de matériaux.

Avec 100 MWh en réserve, la tour chinoise pourrait soutenir le réseau pendant quatre heures

Derrière cette architecture spectaculaire se cachent des performances intéressantes. Avec une puissance de 25 mégawatts, l’installation pourrait alimenter le réseau pendant quatre heures à pleine capacité. Les équipes techniques ont achevé son raccordement en décembre 2023. En mai 2024, Energy Vault annonçait ensuite des essais concluants et une mise en service technique. Une étape importante pour cette technologie encore émergente.

Le constructeur annonce également un rendement supérieur à 80 % sur un cycle complet. Autrement dit, le système pourrait récupérer la majeure partie de l’électricité consommée pendant le levage. Energy Vault estime aussi sa durée de vie à 35 ans. L’exploitation réelle devra toutefois confirmer ces performances. L’usure mécanique, les opérations de maintenance et les pertes énergétiques influenceront les résultats.

Derrière cette construction spectaculaire, la Chine prépare peut-être un autre avenir énergétique

La véritable révolution pourrait se jouer ailleurs que dans cette tour. Les éoliennes continuent parfois de tourner lorsque les besoins électriques diminuent. Les panneaux solaires produisent surtout en journée, pas forcément au moment des pics de consommation. Grâce au stockage gravitaire, les gestionnaires peuvent conserver une partie de cette énergie pour plus tard. Cette solution facilite l’intégration des renouvelables et contribue à stabiliser le réseau électrique.

Reste pourtant un obstacle : le coût de cette technologie face aux batteries lithium-ion, dont les prix ont fortement baissé. Construire une tour aussi imposante exige un investissement considérable. Sa rentabilité dépendra donc de sa fiabilité et de sa longévité. La Chine envisage déjà plusieurs projets similaires. Si les performances se confirment, ces géants pourraient trouver leur place dans le paysage énergétique de demain.

Au-delà de Rudong EVx, cette expérience pourrait inspirer d’autres pays confrontés aux mêmes défis énergétiques. Les régions riches en soleil ou en vent pourraient notamment profiter de solutions de stockage durables. Reste à savoir si ces impressionnantes constructions sauront convaincre les industriels. Car demain, stocker l’électricité pourrait devenir aussi stratégique que la produire.

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