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La Chine pensait avoir trouvé la parade à la crise pétrolière, mais sa stratégie montre ses limites

Pendant des mois, la Chine a résisté à la crise pétrolière grâce à ses immenses réserves. Pourtant, cette stratégie commence à produire des effets contraires à ceux recherchés. Entre carburants qui s’épuisent et prix mondiaux qui flambent, comment Pékin s’est-il retrouvé dans cette impasse ?

File de camions et de voitures dans une station-service en Chine sur fond de tensions croissantes sur l’approvisionnement en diesel.
Dans une station-service urbaine en Chine, camions et automobilistes font face à des tensions d’approvisionnement en carburant sur fond de crise pétrolière – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Comment les gigantesques réserves de pétrole chinoises ont permis d’amortir le choc de la guerre

Au début de l’année 2026, tandis que les tensions militaires bouleversent les routes pétrolières du Moyen-Orient, la Chine possède un avantage considérable : des stocks accumulés pendant des années. Plutôt que de participer à la ruée vers les derniers cargaisons disponibles, Pékin choisit une solution étonnamment calme : acheter moins et utiliser ses réserves.

Cette décision produit rapidement des résultats spectaculaires. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), les importations chinoises de brut chutent de 32 % au deuxième trimestre 2026. Elles atteignent seulement 8,1 millions de barils quotidiens, contre des volumes bien supérieurs avant la crise. Une réduction considérable pour le premier importateur mondial.

Le mécanisme est presque paradoxal. En diminuant ses commandes, la Chine évite d’ajouter une pression supplémentaire sur les cours internationaux. Ses réserves servent ainsi de bouclier économique, tout en contribuant à calmer le marché. Mais cette protection repose sur une ressource qui, contrairement aux apparences, n’a rien d’inépuisable.

Pourquoi les raffineries chinoises ont recommencé à vendre leurs carburants à l’étranger

L’équilibre commence à changer durant l’été. Après avoir fortement limité les exportations de carburants en mars, les autorités chinoises assouplissent leurs restrictions en juillet. Les raffineries découvrent alors une perspective particulièrement séduisante : vendre du diesel à prix élevé sur les marchés étrangers, où les pénuries entretiennent des marges exceptionnelles.

Le problème se cache dans les différences de prix. En Chine, les tarifs des carburants restent étroitement encadrés par l’État, alors que les coûts d’approvisionnement et de transport augmentent. Les ventes internationales deviennent donc particulièrement attractives. Une situation délicate apparaît : les entreprises peuvent gagner davantage en exportant, tandis que les stocks destinés aux automobilistes chinois s’amenuisent.

Des réserves qui diminuent aux stations-service, les premiers signes d’une pénurie apparaissent

Les conséquences deviennent progressivement visibles. D’après les estimations rapportées par The Economist début octobre, les stocks chinois de carburants auraient perdu environ 65 millions de barils depuis le début du conflit. Ils pourraient être descendus autour de 300 millions de barils. Ces chiffres restent des estimations, mais illustrent l’ampleur des tensions.

Sur le terrain, certaines stations-service adoptent des pratiques surprenantes. Des automobilistes doivent notamment acheter des cigarettes pour accéder au diesel. Derrière cette situation presque absurde se révèle une inquiétude bien réelle : la disponibilité du carburant devient problématique dans certains circuits de distribution, alors que les besoins des transporteurs et des entreprises restent importants.

Pékin intervient finalement au début d’octobre en suspendant temporairement certaines exportations. Mais le répit est bref. Le 9 octobre, Reuters annonce leur reprise prochaine, avec environ 3,7 millions de tonnes autorisées pour le mois. Cette alternance de restrictions et d’assouplissements montre combien les autorités cherchent désormais un équilibre difficile entre sécurité énergétique et activité économique.

Le dilemme de Pékin pourrait provoquer une nouvelle secousse sur les marchés pétroliers mondiaux

Pour retrouver des réserves confortables, la Chine dispose de plusieurs possibilités, toutes coûteuses. Elle pourrait augmenter les prix intérieurs, soutenir financièrement les raffineries ou acheter davantage de pétrole brut. Cette dernière option risque toutefois d’accentuer la concurrence internationale. Le 12 octobre, Reuters signalait déjà des achats supplémentaires de pétrole saoudien par plusieurs raffineurs asiatiques.

Un autre choix consisterait à puiser plus profondément dans les réserves stratégiques, mais cela affaiblirait la protection du pays face à une nouvelle perturbation. La véritable difficulté dépasse donc largement les stations-service chinoises. Dans un marché pétrolier mondial interdépendant, chaque décision de Pékin peut avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières. Jusqu’où ses réserves permettront-elles encore d’amortir la crise ?

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: GEO

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