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Sens interdit : l’orbite de cette exoplanète rebelle intrigue les astronomes

Un nouveau mystère cosmique

Sous Neptune
Image d’illustration— © NASA’s James Webb Space Telescope

À 73 années-lumière de la Terre, des astronomes ont détecté un monde étrange. Présentant une orbite opposée à la rotation de son étoile, il suggère un mécanisme de formation inhabituel pour ce système planétaire.

Un Psi exceptionnel pour GJ 3090 b

Les planètes se forment à partir de disques de gaz et de poussière qui entourent les étoiles naissantes. Ces structures tournant dans le même sens que les astres, les mondes qui en émergent devraient également présenter le même sens de rotation, ainsi qu’un plan orbital (l’inclinaison de leur trajectoire par rapport au plan équatorial de l’étoile) étroitement similaire.

Cette déviation révélatrice des perturbations intervenues durant la phase de formation planétaire, ou angle Ψ (Psi), est d’environ 7 degrés pour notre planète, illustrant la singularité de GJ 3090 b. Environ 2,2 fois plus grande que la Terre et 4,5 fois plus massive, cette « sous-Neptune » présente un Psi de 136 degrés.

« La précision remarquable de l’instrument infrarouge NIRPS [de l’observatoire chilien de La Silla] nous a permis de mesurer le décalage entre le plan orbital de la planète et le plan équatorial de l’étoile », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics.

On recense à ce jour cinq systèmes planétaires dont les mondes affichent un Psi supérieur à 70 degrés, mais jusqu’à présent, ceux-ci abritaient d’autres objets massifs, tels qu’un astre compagnon, une géante gazeuse ou une naine brune, dont l’influence gravitationnelle permettait d’expliquer de façon convaincante ces décalages. À ce jour, le système GJ 3090 est connu pour abriter une étoile naine rouge, GJ 3090 b et GJ 3090 c, une seconde sous-Neptune.

Modélisation de GJ 3090 b — © NASA

Orbite rétrograde

En plus de ce désaxage marqué, GJ 3090 b tourne également à rebours du sens de rotation de son astre, ce qui a amené Yann Carteret, de l’université de Genève, et ses collègues à formuler différentes hypothèses, que de futures observations et modélisations pourraient permettre de confirmer.

Tôt dans l‘histoire du système, la naine rouge aurait pu accréter un disque secondaire désaligné et rétrograde au sein duquel GJ 3090 b se serait formée, ou bien l’exoplanète avoir pris forme dans le disque protoplanétaire initial avant que des interactions gravitationnelles avec un objet massif, aujourd’hui disparu, ne façonne l’inclinaison et le sens de son orbite.

L’an passé, des chercheurs avaient décrit un système planétaire inhabituel, « digne de Star Wars ».

Par Yann Contegat, le

Source: Space

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