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Les carcasses militaires oubliées au fond des mers menacent notre environnement marin par des fuites toxiques massives

Des milliers d’engins militaires reposent sous l’eau depuis les guerres mondiales. Leurs coques métalliques rongées par la rouille libèrent désormais des poisons violents. Les biologistes découvrent aujourd’hui les ravages directs de ces débris sur la chaîne alimentaire marine.

Un robot sous-marin inspecte une épave militaire rouillée entourée de munitions immergées.
Un robot sous-marin explore une épave militaire rongée par la corrosion, entourée de munitions susceptibles de libérer des substances toxiques dans l’environnement marin. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Les submersibles et navires coulés durant les conflits mondiaux se dégradent et libèrent leurs poisons chimiques

Gert Normann Andersen a retrouvé le sous-marin allemand UC-30 au large du Danemark. Ce bâtiment coulé en 1917 contenait dix-huit mines et six torpilles. Par conséquent, près de cinq mille kilos d’explosifs dormaient sous l’eau jusqu’à ce repérage.

Le projet de recherche NorthSeaWrecks étudie attentivement ce vestige maritime. Des scientifiques dénombrent 10 127 épaves dans les seules eaux danoises. Ainsi, environ 15 % de ces bateaux proviennent directement des deux guerres mondiales avec des cargaisons dangereuses.

Ces réservoirs militaires rouillés laissent fuiter des munitions et des armes chimiques. De plus, les cales stockent encore du fioul lourd très toxique. Les courants marins étendent cette menace invisible sur des kilomètres carrés de fonds côtiers.

Les résidus de TNT s’infiltrent dans les organismes marins et bloquent la reproduction naturelle des espèces

L’université d’Aarhus a publié un constat alarmant dans le Marine Pollution Bulletin. Les chercheurs ont détecté du TNT dans l’eau entourant l’épave de l’UC-30. En effet, la corrosion a percé les parois métalliques des mines immergées.

Cette contamination affecte déjà les mollusques fixés sur les débris métalliques. Les moules subissent ainsi des perturbations enzymatiques et métaboliques sévères. Dès lors, leurs réserves d’énergie chutent, ce qui compromet totalement leur cycle de reproduction en mer.

Les opérations de déminage sous-marin traditionnel provoquent des explosions qui aggravent la contamination

Les gouvernements ont longtemps ignoré ce stock d’armes jeté après les deux guerres mondiales. Pourtant, ces engins représentent un péril mortel pour les chantiers côtiers modernes. Des pêcheurs et des ouvriers de câbles sous-marins croisent souvent ces pièges oubliés.

Les chiffres confirment l’ampleur du danger humain. Entre 1945 et 2014, ces munitions ont fait 418 morts et 680 blessés en mer. Cependant, faire sauter ces bombes sur place aggrave la pollution en dispersant les résidus chimiques.

L’onde de choc pulvérise le métal et disperse les molécules toxiques dans la colonne d’eau. Dès lors, cette méthode destructive empire la situation environnementale locale. L’Allemagne investit donc de lourds budgets pour tester d’autres solutions moins agressives.

Les robots sous-marins apportent un espoir concret pour extraire ces charges avant les prochains naufrages

La technologie robotique moderne offre désormais une issue prometteuse. Les engins téléguidés cartographient d’abord l’état des coques avec une grande précision. Ensuite, ces machines spécialisées pourront remonter les munitions intactes vers la terre ferme sans danger.

Cette intervention technique devient urgente pour préserver nos mers. De plus, entre soixante et cent navires sombrent encore chaque année dans le monde entier. Leurs chargements modernes ajoutent du plastique et du carburant à ce lourd héritage guerrier.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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