Au nord de Los Angeles, les ruines d’Apollo dissimulent un lourd fardeau écologique. En effet, cette terre californienne concentre des solvants toxiques et des traces radioactives. Cependant, les institutions publiques retardent le nettoyage complet des sols. Cette inertie inquiète désormais les familles voisines du site.

Les bancs d’essai des mythiques fusées lunaires dorment au milieu d’un site californien lourdement contaminé
À Simi Valley, le Santa Susana Field Laboratory occupe plus de 1 150 hectares arides. Les ingénieurs y testaient autrefois les moteurs colossaux de la fusée Saturn V. Mais depuis 2006, la rouille ronge ces bancs d’essai historiques sans aucune activité industrielle.
La société Rocketdyne développait alors les fameux moteurs F-1 pour franchir l’atmosphère terrestre. Chaque allumage créait un fracas assourdissant dans les vallées environnantes. De plus, ces opérations successives diffusaient des résidus de carburants très dangereux dans l’environnement immédiat.
Ce paysage désolé oppose l’épopée spatiale à une réalité écologique sombre. Ainsi, la terre locale emprisonne encore des hydrocarbures et des solvants de nettoyage toxiques. Ces substances menacent toujours les nappes phréatiques sous les collines de la région.
La fusion partielle d’un réacteur nucléaire en 1959 a laissé une empreinte radioactive dissimulée au public
Le laboratoire n’accueillait pas seulement des propulseurs spatiaux. Des ingénieurs y pilotaient également des recherches atomiques novatrices. Ainsi, en 1959, un réacteur expérimental a subi une grave fusion partielle du cœur. Les autorités ont pourtant caché cet événement majeur pendant plusieurs décennies.
Cet incident a libéré des éléments radioactifs dangereux dans l’air et la terre. Par conséquent, une double contamination radiologique et chimique empoisonne durablement les sols de la vallée. Cette découverte tardive complique considérablement le travail actuel des équipes de nettoyage.
Le partage des responsabilités entre industriels et agences fédérales paralyse le chantier de dépollution
Depuis 1996, l’entreprise Boeing possède la majeure partie des terrains après le rachat de Rocketdyne. Cependant, trois acteurs distincts se partagent aujourd’hui la gestion du périmètre. La NASA et le Department of Energy supervisent également des parcelles spécifiques réparties sur quatre zones administratives.
L’avionneur affirme avoir traité près de 45 000 mètres cubes de terre polluée. De plus, les ouvriers ont démoli environ 300 structures sur place. Toutefois, ce bilan reste modeste face à l’immensité des dégradations observées sur l’ensemble du site.
Les chantiers prévus dans la zone IV accumulent déjà des retards notables. En effet, un accord signé en mai prévoyait la démolition rapide de dix bâtiments très contaminés. Or, le calendrier d’exécution manque encore de clarté pour les différentes parties prenantes.
Les riverains exigent un assainissement total pour tourner la page de cette glorieuse conquête technologique
Le collectif Parents Against Santa Susana Field Lab combat activement cette lenteur administrative. Ses membres dénoncent un manque flagrant de transparence dans les décisions publiques. Par ailleurs, ils réclament un protocole sanitaire beaucoup plus strict pour protéger durablement les familles voisines.
L’agence californienne DTSC doit désormais trancher sur l’avenir des eaux souterraines du secteur. Certes, la NASA termine certaines démolitions ciblées sur la zone Coca. Néanmoins, l’État attend toujours un nettoyage final des sols pour solder définitivement l’héritage toxique de la conquête spatiale.