Face à l’urgence du combat moderne et aux retards des réseaux européens, le ministère des Armées change de stratégie. Paris s’allie à la pépite Greenerwave pour équiper ses troupes d’antennes de nouvelle génération, capables de capter plusieurs constellations de satellites à moindre coût.

Pourquoi les réseaux militaires actuels ne suffisent plus sur le champ de bataille moderne
La numérisation des conflits et le déploiement massif de robots de combat exigent des flux de données colossaux. Les actuels satellites militaires français comme Syracuse IV, positionnés en orbite géostationnaire, montrent aujourd’hui leurs limites face à ces besoins critiques en temps réel.
Pour assurer des liaisons rapides, l’état-major doit désormais exploiter des engins circulant à basse altitude. Cependant, le grand projet européen de constellation souveraine IRIS² accumule d’importants défis financiers et techniques, repoussant sa mise en service opérationnelle au moins jusqu’en 2030, voire 2035.
Face à ces incertitudes de calendrier, la Direction générale de l’armement accélère le pas pour ne pas fragiliser les troupes. Les autorités ont donc choisi de bâtir un système de communication hybride, associant leurs propres équipements spatiaux à des services commerciaux disponibles immédiatement.
Une alliance stratégique avec Eutelsat pour louer des capacités en orbite basse
La France a d’abord signé l’accord-cadre Nexus avec Eutelsat en juin 2025. Cette étape majeure vise à coupler les performances de Syracuse avec la constellation commerciale OneWeb, dont les centaines de satellites volent à moins de deux mille kilomètres au-dessus de nos têtes.
Pour garantir la sécurité des transmissions, l’État a récemment franchi un nouveau palier avec le contrat Centaure. Ce dispositif octroie aux forces armées un accès prioritaire réservé à une partie du réseau OneWeb, garantissant des liaisons fiables même en cas de crise majeure.
Un contrat de 120 millions d’euros confié à la pépite Greenerwave et ses partenaires
Afin d’exploiter cette connectivité hybride, la Direction générale de l’armement a sélectionné la jeune entreprise française Greenerwave. Ce contrat industriel d’envergure, baptisé Caméléon, s’étale sur sept ans maximum et dispose d’une enveloppe budgétaire allant jusqu’à 120 millions d’euros.
La start-up parisienne ne travaillera pas seule sur ce programme stratégique de souveraineté nationale. Elle collaborera étroitement avec les géants de la défense Airbus Defence and Space et Thales pour concevoir, tester et produire ces futurs terminaux de communication.
L’objectif principal consiste à fabriquer en masse des récepteurs polyvalents et abordables financièrement pour équiper les véhicules militaires. À terme, ces nouveaux modèles remplaceront plusieurs équipements anciens, simplifiant grandement la logistique et la maintenance sur le terrain.
Une rupture technologique basée sur des miroirs électromagnétiques intelligents
La force de l’antenne sélectionnée repose sur la technologie des Surfaces Intelligentes Reconfigurables. Ce système de pointe parvient à orienter les ondes électromagnétiques de manière électronique sans intégrer de composants électroniques lourds, offrant ainsi un matériel extrêmement compact.
En éliminant cette complexité interne, ces terminaux affichent un poids plume et une consommation d’énergie minime. Ils procurent aux forces armées un compromis idéal entre performance et sobriété énergétique, une qualité vitale pour rester discret lors d’opérations extérieures prolongées.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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