
Dans le centre de la France, des archéologues ont mis au jour plusieurs sépultures de l’âge du fer, offrant un aperçu rare des pratiques funéraires des Gaulois il y a plus de deux millénaires.
Silos antiques
Menées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) en amont d’un projet de contournement routier, les fouilles se sont concentrées sur le site du Bois Médor à Pithiviers, dans le Loiret, qui abritait un important établissement gaulois entre les Ve et IVe siècles avant notre ère.
Là, ce sont plusieurs grands silos, souvent réutilisés comme fosses à déchets après leur abandon, qui ont été découverts. Trois d’entre eux abritaient également les restes de six individus, avec des squelettes aux positions inhabituelles, indiquant que leurs corps avaient été délibérément manipulés.
Le communiqué de l’Inrap décrit une sépulture collective, avec deux des trois squelettes placés face contre terre. Une autre contenait les ossements d’un homme pieds et poings liés, dont le crâne était séparé du reste du squelette, et un troisième les restes d’un enfant ou d’un jeune adolescent, âgé de moins de 15 ans au moment de sa mort, lové contre le bord du silo.
Datée de la fin du Ve siècle avant notre ère, celle-ci renfermait également plusieurs objets funéraires, comprenant une fibule, utilisée pour fixer les extrémités d’un vêtement, de probables fragments de bouclier et, surtout, une épée en fer toujours fichée dans son fourreau, décrite comme l’un des plus anciens exemples découverts dans la région.
Un apprenti-guerrier ?
De facture et de taille standard, cette arme de l’âge du fer tardif avait été placée à côté des jambes du défunt, ce qui suggère qu’elle n’avait pas été portée, et qu’il s’agissait probablement d’un « apprenti-guerrier » ou d’un enfant destiné à suivre cette voie.
L’hypothèse d’un objet exclusivement utilisé à des fins symboliques est renforcée par l’absence inhabituelle d’ornements sur l’épée et le fourreau.
Selon les archéologues, la combinaison d’un squelette d’enfant, sa position inhabituelle et la présence d’équipement guerrier dans un ancien silo fait de la sépulture l’une des plus atypiques jamais documentées pour la période gauloise.
L’an passé, les équipes de l’Inrap avaient découvert d’énigmatiques sépultures de Gaulois assis à Dijon.
Par Yann Contegat, le
Source: Heritage Daily
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