
De récentes recherches ont lié des taux sanguins élevés d’une hormone à un risque largement accru de démence, ouvrant la voie à une détection extrêmement précoce de ce type d’affection neurodégénérative.
L’hormone GDF15
Publiés dans la revue Science Advances, les travaux ont impliqué les données provenant de six études distinctes, ayant porté sur 500 000 sujets et couvrant une période de près d’une décennie. Cette vaste méta-analyse a notamment permis de préciser le lien entre le « facteur de croissance et de différenciation 15 », ou GDF15, et le déclin cognitif.
Comme l’expliquent les chercheurs, jusqu’à présent, cette hormone avait été surtout associée au développement de maladies rénales et à des problèmes intestinaux (nausées matinales), avec des taux augmentant progressivement avec l’âge, en particulier chez les hommes.
Globalement, chez les individus âgés de 60 ans ou plus ayant reçu un diagnostic de démence, les niveaux de GDF15 étaient systématiquement plus élevés. En élargissant les analyses plasmatiques à la catégorie 40-60 ans, l’équipe a constaté que leur doublement était lié à une augmentation de 55 % du risque d’en développer une au cours des deux décennies suivantes.
La corrélation la plus forte concernait la forme vasculaire de la maladie, où une diminution du flux sanguin vers le cerveau entraîne un déclin rapide des fonctions cognitives.

Changements moléculaires
L’étude de cellules immunitaires cultivées en laboratoire exposées à ce facteur de croissance a également révélé des modifications du métabolisme et de la signalisation antivirale susceptibles d’influencer la santé des tissus cérébraux de diverses manières.
« L’abondance de l’hormone GDF15 dans la circulation sanguine est corrélée à des changements moléculaires qui peuvent avoir un effet protecteur dans certains contextes – en limitant par exemple la prolifération des cellules cancéreuses », écrivent les chercheurs. « Nos travaux soutiennent l’idée que ses effets immunosuppresseurs favorisent la neurodégénérescence. »
Décrite comme un candidat sérieux pour le dépistage de la démence, ce biomarqueur permettrait une prise en charge très précoce des patients, là où les traitements pour freiner son évolution sont les plus susceptibles d’être efficaces. La prochaine étape consistera à confirmer sa présence dans le liquide céphalo-rachidien, et à explorer ses effets sur les cellules immunitaires spécialisées du système nerveux.
Précédemment, des chercheurs avaient identifié la cause de l’un des pires symptômes de la maladie d’Alzheimer, ainsi des moyens de le prévenir.
Par Yann Contegat, le
Source: Refractor
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