Aller au contenu principal

Des scientifiques découvrent un nouveau virus géant qui se réplique d’une manière tout à fait unique

Il éclaire leur remarquable diversification

L’étude d’un virus géant récemment découvert au Japon a contribué à éclairer la diversification de ce groupe d’organismes étranges, aux origines remarquablement anciennes.

Furtivovirus

Isolé à partir d’échantillons prélevés dans un cours d’eau proche de la ville de Kamakura, ce furtivovirus a ensuite été cultivé en laboratoire à l’aide d’une amibe commune du sol. Affichant un diamètre d’environ 200 nanomètres, il fait partie des plus petits virus géants jamais décrits : les plus grands connus se révèlent environ dix fois plus large.

Ces organismes, dont le premier représentant (le Mimivirus), initialement pris pour une bactérie, a été identifié en 2003, se caractérisent par leur capacité à agir de manière autonome. Une particularité liée à leur plus grand nombre de gènes, codant pour des processus associés à la vie complexe, que les virus classiques laissent à la charge de leurs hôtes.

Aujourd’hui encore, les origines de ce profil singulier restent débattues. Certains scientifiques supposent que les virus géants ont accumulé ce matériel génétique au fil du temps auprès des organismes unicellulaires qu’ils infectent, tandis que d’autres estiment qu’ils ont évolué à partir d’ancêtres plus complexes, aux génomes plus développés.

Cellule au noyau intact (b) et infectée par le furtivovirus (c) — © Takemura et al. / Journal of Virology 2026

Une réplication unique

Composé d’environ 560 000 paires de bases, le génome du furtivovirus se réplique de manière unique, en perturbant la membrane du noyau de la cellule hôte et en produisant de nouvelles particules virales à l’intérieur de celui-ci, là où l’ADN est normalement stocké. Les deux autres types de virus géants connus (médusavirus et ushikuvirus) vont quant à eux laisser le noyau intact ou au contraire le détruire et former des sites de réplication dans le cytoplasme (substance gélatineuse située entre la membrane et le noyau).

Les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Virology, proposent de classer le furtivovirus et plusieurs de ses proches parents au sein d’une nouvelle famille virale étroitement dépendante du noyau de la cellule hôte : les Manesviridae.

Ces découvertes ont également des implications pour notre compréhension plus large de la biologie évolutive. Alors qu’il avait été proposé il y a quelques décennies que le noyau des cellules eucaryotes pouvait trouver son origine dans des virus anciens, la plupart des chercheurs estiment que le noyau serait issu d’une fusion ancienne d’organismes cellulaires simples (archées et bactéries).

Précédemment, des chercheurs avaient dévoilé la toute première image d’un virus géant infectant une cellule.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

Étiquettes:

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *