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Les vaches choisissent aussi leurs proches dans le troupeau, et cette affinité change la façon de gérer l’élevage laitier

Une vache ne suit pas n’importe quelle voisine. Dans un troupeau laitier, certaines passent plus de temps côte à côte, se lèchent, se déplacent ensemble et gardent des contacts réguliers. Ces préférences, désormais suivies par la recherche, poussent les éleveurs à regarder autrement la stabilité sociale.

Deux vaches Holstein couchées se toilettent calmement dans une stabulation laitière.
Dans les troupeaux laitiers, certaines vaches gardent des contacts réguliers avec des congénères préférées. Ces affinités peuvent guider une gestion plus attentive des changements de lots. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi les liens sociaux des vaches ne relèvent pas d’une image attendrissante mais d’un comportement mesurable

Dans sa thèse soutenue à l’université de Northampton, la chercheuse Krista McLennan a suivi 400 Holstein-Friesian dans un élevage commercial. Elle a utilisé un indice d’association, un calcul qui mesure la fréquence à laquelle deux animaux restent proches.

Cette méthode évite de parler d’amitié au hasard. Les préférences restent minoritaires, mais elles existent, surtout chez les jeunes animaux. Entre 7 et 11 mois, les bovins observés montrent davantage de proximité calme et de léchage social.

Ce que les études disent du stress, du lait et des limites à garder sur le rôle concret d’une partenaire préférée

Pour tester l’importance de ces liens, McLennan a observé des séparations courtes de 30 minutes. Les bovins placés avec leur partenaire préférée présentaient un rythme cardiaque plus bas et moins d’agitation qu’avec une congénère non préférée.

Le cortisol, souvent appelé hormone du stress, sert à lire la réaction du corps sous pression. L’ocytocine, elle, participe à l’éjection du lait. Ces termes montrent que le sujet repose sur des signaux physiologiques, pas sur une impression humaine.

La production laitière demande toutefois de la prudence. La thèse associe une séparation prolongée à une baisse mesurée, avec 13,13 litres avant séparation contre 12,53 litres ensuite dans un suivi présenté. Une étude de 2024 nuance ce lien direct.

Comment les éleveurs peuvent intégrer ces affinités sans transformer chaque troupeau en casse-tête de gestion quotidienne

Dans une ferme, les animaux ne sont pas déplacés pour le plaisir. Les lots changent selon la lactation, la santé, la reproduction, l’âge ou l’accès à certains équipements. L’objectif réaliste consiste à éviter les ruptures inutiles quand l’organisation le permet.

L’observation reste l’outil le plus accessible. Deux vaches qui mangent souvent proches, attendent ensemble ou se toilettent régulièrement forment un binôme à surveiller lors d’un changement de lot. Les capteurs de proximité donnent le même principe avec des données plus fines.

Les veaux rappellent que ces liens commencent tôt. Une revue du Journal of Dairy Science indique que l’hébergement social peut améliorer l’ingestion d’aliment solide et certaines performances, même si les effets sanitaires restent variables. L’isolement n’est donc pas un simple détail de logement.

Pourquoi la filière laitière française regarde davantage le comportement animal dans ses outils de bien-être en ferme

En France, le Cniel rappelle que la Charte des Bonnes Pratiques d’Élevage réunit 97 % des éleveurs laitiers. Créée en 1999 par la Fédération nationale bovine et la Fédération nationale des producteurs de lait, elle a évolué en 2022.

Cette évolution s’appuie notamment sur BoviWell, un outil destiné à évaluer le bien-être animal en ferme. Préserver certains liens peut commencer par noter les binômes stables, puis éviter de séparer deux animaux calmes lors du prochain déplacement vers la salle de traite.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: sciencepost.fr

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