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L’IA dans les jeux : du PNJ vivant au jeu intégralement généré, où va-t-on vraiment en 2026 ?

Le 21 mars, Square Enix et Google annonçaient l’intégration de Gemini dans Dragon Quest X. Un compagnon baptisé Chatty Slimey, présenté comme un « Grim Reaper en formation », accompagnera désormais les nouveaux joueurs de ce MMO toujours très actif au Japon. Pour Yuji Horii, créateur historique de la série, l’IA va « transformer radicalement tous les jeux vidéo dans les trois à cinq prochaines années ». La promesse est familière, mais sa mise à l’épreuve, elle, l’est moins.

Un homme regarde en face une entité numérique féminine symbolisant l’intelligence artificielle, avec des visualisations du cerveau humain et des réseaux de données.
Face à face entre un cerveau humain en pleine activité et une intelligence artificielle représentée sous forme numérique.

Quand les joueurs et médias testent les nouveautés IA des studios

Le personnage non joueur (PNJ) qui répond en langage naturel part d’une idée : offrir plus d’immersion. Where Winds Meet, le MMO wuxia de NetEase sorti en novembre dernier, en a fait l’expérience grandeur nature.

À peine quelques jours après son lancement (190 000 joueurs simultanés), un utilisateur Reddit avait par exemple demandé au PNJ Zhao Dali une recette à base de ketchup en pleine dynastie Song, sept siècles avant que la tomate n’arrive en Chine.

La leçon implicite de Where Winds Meet a été entendue. Sans encadrement serré, l’IA conversationnelle devient un bac à sable pour casser le jeu, plutôt qu’un outil pour s’y immerger davantage.

C’est certainement la raison pour laquelle Square Enix avance avec prudence. Les conversations avec Slimey font l’objet de vérifications automatisées, afin de bloquer les réponses inappropriées, et le compagnon ne sortira pas du périmètre strict de Dragon Quest X.

Quand les studios tentent de glisser de « répondre » vers « jouer à votre place »

L’autre terrain d’expérimentation concerne le gameplay lui-même. Le PNJ qui dialogue cède la place à l’IA qui prend véritablement les commandes. NVIDIA fédère depuis le CES 2025 une coalition de studios autour de cette idée. Ainsi, KRAFTON propose désormais son « PUBG Ally » qui combat aux côtés du joueur, au-delà de la discussion vocale et de la compréhension du jargon militaire de PUBG: Battlegrounds.

Discrètement, Sony a déposé en septembre 2024 le brevet d’un « ghost player ». En clair, une IA capable de prendre le pad en modes Story, Combat, Exploration ou Full Game.

En réalité, cette idée d’un jeu qui se déroule seul une fois lancé n’a rien de neuf. En effet, les éditeurs de jeux de casino numérique l’ont proposée dès le tournant des années 2000, à travers la fonction autospin des machines à sous de casino en ligne comme Book of Dead ou Olympus. L’autospin n’est pas de l’IA, mais plutôt un mécanisme mathématique : le joueur règle le nombre de tours, l’algorithme déroule la partie pour lui, et chaque résultat est tiré aléatoirement par un générateur certifié par un organisme indépendant.

Des mécaniques plus récentes comme les Megaways, qui font varier le nombre de symboles à chaque tour, prolongent ce principe d’un environnement piloté par un système aléatoire transparent.

Un sentiment mitigé autour de l’IA chez les développeurs

Le rapport State of the Game Industry 2026 de la GDC fournit un contrechamp. Sur 2 300 professionnels interrogés, 52 % estiment qu’il faut être prudent quant aux effets négatifs de l’IA générative sur leur industrie, contre 18 % il y a deux ans à peine.

C’est une position compréhensible. Une IA comme Genie de Google ou Seedance de Bytedance est un outil potentiellement formidable aux mains des studios. Cependant, c’est le verdict des joueurs qui, au final, tranche.

Où va-t-on vraiment ? Probablement pas vers la révolution annoncée par Yuji Horii, et pas tout de suite vers l’effondrement redouté par les développeurs licenciés. Plutôt vers un long ajustement entre joueurs, studios, syndicats et législateurs.

Par Antoine - Daily Geek Show, le

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