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À Séoul, les poubelles connectées font payer chaque kilo jeté et révèlent les limites du tri récompensé en ville dense

Un sac plus léger peut alléger une facture. En Corée du Sud, des bornes RFID pèsent les déchets alimentaires de certains immeubles et facturent les ménages selon ce qu’ils jettent. Le système séduit les villes, mais il montre aussi ses limites sociales, techniques et statistiques.

Borne connectée pesant un sac de déchets alimentaires dans un immeuble urbain.
Dans les immeubles denses, les bornes de pesée rendent chaque kilo de déchets alimentaires visible. Le système promet une facturation plus fine, mais impose aussi entretien, compréhension et usages quotidiens adaptés. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Le principe coréen transforme la poubelle en compteur visible du quotidien

La Corée du Sud n’a pas attendu les applications mobiles pour faire payer les déchets au plus près de l’usage. Le système national de tarification au volume, lancé en 1995, impose l’achat de sacs réglementaires pour les ordures non recyclables. Plus le sac est grand, plus il coûte cher.

Ce mécanisme repose sur le principe « pay as you throw », souvent traduit par « payer selon ce que l’on jette ». L’idée ressemble à un compteur d’eau : chacun règle une part liée à sa consommation réelle, au lieu d’une charge identique pour tous les foyers.

À Séoul, le dispositif est devenu plus précis pour les déchets alimentaires. Des bornes équipées de RFID, une puce d’identification par radiofréquence, reconnaissent le foyer, pèsent les restes et transmettent le poids à la facture de l’immeuble. Le geste dure quelques secondes, mais il rend chaque gramme visible.

Les chiffres impressionnent, mais ils racontent surtout une politique longue

Le résultat le plus cité concerne les restes de cuisine. La Corée du Sud a interdit leur mise en décharge en 2005, puis rendu leur tri séparé obligatoire en 2013. Selon les données relayées par le ministère sud-coréen compétent, le pays recycle aujourd’hui presque tous ses déchets alimentaires.

La presse internationale et les acteurs publics avancent un taux proche de 96,8 % en 2023 pour cette catégorie. Ce chiffre ne vient pas d’une prime magique versée aux habitants. Il combine règles strictes, infrastructures de traitement, sacs payants, bornes connectées et habitudes construites sur plus de vingt ans.

Derrière la réussite, la facture au poids crée aussi des comportements inattendus

Le premier effet concret apparaît dans les cuisines. Certains habitants égouttent les restes avant de les jeter, car l’eau augmente le poids facturé. Ce geste réduit les coûts de traitement, mais il rappelle que l’incitation financière déplace parfois l’attention vers le calcul quotidien.

Les immeubles doivent aussi entretenir les machines, gérer les cartes perdues et expliquer les règles aux nouveaux résidents. Une borne en panne suffit à compliquer la collecte. Dans les petites communes, l’investissement devient plus lourd qu’à Séoul, où la densité rend chaque équipement plus rentable.

Le tri au poids peut enfin creuser des écarts. Les personnes âgées, les foyers peu à l’aise avec les outils numériques ou les petits logements disposent de moins de marge. Quand une règle se mesure au gramme près, la simplicité d’usage devient aussi importante que la performance environnementale.

Le modèle inspire l’étranger, mais il ne se copie pas comme une application

L’OCDE cite régulièrement la Corée du Sud parmi les pays avancés en gestion des déchets. L’organisation rappelle toutefois que les résultats dépendent du contexte. Un réseau dense, des règles lisibles et des débouchés pour le compost, le biogaz ou l’alimentation animale comptent autant que la balance.

Le débat reste vif sur d’autres déchets. Reuters a rappelé en 2024 que les chiffres officiels du recyclage plastique coréen sont contestés par Greenpeace. Les déchets plastiques cités dans ce débat sont passés de 9,6 millions de tonnes en 2019 à 12,6 millions en 2022.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: sciencepost.fr

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