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Cette étude montre que le moringa rivalise avec l’aluminium pour filtrer les microplastiques, sans laisser de résidus toxiques

Et si une solution naturelle, utilisée depuis des siècles dans certains villages, rivalisait aujourd’hui avec les technologies les plus avancées pour éliminer les microplastiques de l’eau potable ? Une étude récente vient bouleverser les certitudes et relancer un vieux savoir oublié.

Arbres de moringa avec longues gousses poussant au bord d’une route asphaltée moderne sous un ciel clair
Des moringas alignés le long d’une route moderne, reconnus pour leurs propriétés naturelles de purification de l’eau – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Les microplastiques, un défi invisible que les systèmes de filtration peinent à capter

Dans un verre d’eau limpide, des milliers de particules invisibles peuvent flotter sans éveiller le moindre soupçon. Or, les microplastiques, souvent inférieurs à 50 micromètres, échappent aux systèmes classiques de filtration. Ainsi, leur charge électrique négative les empêche de s’agglomérer, rendant leur capture particulièrement difficile dans les infrastructures actuelles.

Le constat est vertigineux. En effet, certaines analyses évoquent jusqu’à 240 000 particules par litre dans de l’eau en bouteille. De plus, pneus, textiles synthétiques, emballages fragmentés, ces résidus s’infiltrent partout. Pourtant, les stations d’épuration, bien que sophistiquées, peinent encore à intercepter les plus petites fractions.

Face à ce défi, les industries utilisent des coagulants comme le sulfate d’aluminium. Certes efficaces, ils restent imparfaits. En particulier, en cas de mauvais dosage, ils peuvent laisser des résidus d’aluminium dans l’eau, ce qui soulève des interrogations sur leurs effets à long terme sur la santé humaine.

Le moringa rivalise avec les coagulants chimiques pour éliminer les microplastiques

En avril 2026, une étude publiée dans la revue ACS Omega a attiré l’attention de la communauté scientifique. Plus précisément, des chercheurs brésiliens ont testé les graines de moringa sur de l’eau contaminée par des microplastiques de PVC, avec des résultats qui ont surpris même les spécialistes.

Dans des conditions optimales, l’extrait de graines a permis d’éliminer plus de 98 % des particules, rivalisant ainsi avec le sulfate d’aluminium. En réalité, le mécanisme intrigue : les protéines du moringa neutralisent la charge des microplastiques, ce qui facilite leur agglomération puis leur capture par filtration.

Par ailleurs, une étude de l’université d’Uppsala, publiée dans Colloids and Surfaces, confirme que ces protéines naturelles se lient aux impuretés et accélèrent leur agrégation. Dans certains cas, elles se montrent même plus efficaces que les coagulants synthétiques. Enfin, l’efficacité accrue en eau alcaline laisse entrevoir des procédés plus simples, avec aucun résidu toxique et moins d’énergie consommée.

Des pratiques ancestrales de purification de l’eau désormais validées par la science

Bien avant les laboratoires, certaines communautés utilisaient déjà le moringa pour clarifier l’eau. Notamment au Soudan, des femmes broyaient ses graines pour purifier l’eau du Nil. Ainsi, ce geste, transmis de génération en génération, reposait sur une intuition empirique aujourd’hui confirmée par la science.

De plus, les propriétés du moringa ne s’arrêtent pas là. En effet, en plus de réduire la turbidité, il élimine jusqu’à 99 % des bactéries indicatrices, améliorant significativement la qualité de l’eau. Par conséquent, il s’agit d’une solution accessible, particulièrement précieuse dans les régions rurales dépourvues d’infrastructures avancées.

En outre, cet arbre tropical cumule les atouts. D’une part, ses feuilles sont riches en nutriments. D’autre part, ses graines purifient l’eau, et l’ensemble de la plante est biodégradable. Ainsi, il devient un outil naturel multifonction qui contraste avec les solutions chimiques modernes, souvent coûteuses et complexes.

Une alternative écologique prometteuse encore confrontée à des limites techniques

Malgré son potentiel, le moringa n’est pas une solution miracle prête à être déployée partout. En effet, les chercheurs pointent la libération de carbone organique dissous, susceptible de compliquer certaines étapes du traitement de l’eau. Pour l’instant, ce paramètre reste en cours d’étude.

Cependant, une autre limite apparaît : l’utilisation à grande échelle pose question. Dans les réseaux centralisés, la matière organique peut altérer le goût ou l’odeur de l’eau si elle n’est pas traitée rapidement. Par conséquent, des ajustements techniques seront nécessaires pour intégrer cette solution dans les systèmes existants.

Enfin, les premiers tests en conditions réelles, notamment au Brésil, restent prometteurs. À mesure que la pression augmente sur les coagulants chimiques, une alternative biodégradable et locale attire l’attention. Dès lors, une question persiste : au bord d’un chemin tropical se cache-t-il déjà une partie de la réponse aux défis invisibles de l’eau moderne ?

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