Depuis janvier 2026, Elon Musk promet le lancement du douzième vol du Starship dans « quelques semaines ». Trois annonces, trois reports, et toujours pas de décollage. Derrière ce feuilleton bien connu des observateurs, des délais qui pèsent lourd pour la NASA et son programme lunaire.

Six semaines en janvier, puis encore quatre en mars : comment le calendrier du vol 12 a dérapé dès le départ
Le 26 janvier 2026, Elon Musk publie sur X un message clair. Le lancement du Starship est prévu dans six semaines. La photo jointe montre la séparation du booster Super Heavy lors d’une mission précédente. Six semaines depuis fin janvier donnent une date cible autour de la mi-mars.
SpaceX avance rapidement, en parallèle. Les équipes achèvent l’assemblage du Booster 19 et du Ship 39. Ces deux engins forment le premier duo de la troisième génération Block 3, aussi appelée V3. C’est une rupture nette avec les versions précédentes, portant la capacité en orbite basse au-delà de 100 tonnes.
Ce douzième vol marque en effet une rupture technologique majeure. Les moteurs Raptor 3 équipent pour la première fois un Starship en vol. Toutefois, l’engin inaugure aussi le deuxième pas de tir de Starbase. Chaque élément est nouveau. Chaque test est donc indispensable avant tout décollage.
Mi-mars, une anomalie sur le Booster 19 force SpaceX à revoir ses plans et décale tout d’un mois supplémentaire
Le 7 mars, à une semaine du tir attendu, Musk publie une nouvelle mise à jour. « Premier vol du Starship V3 dans environ quatre semaines ». L’annonce décale tout d’un mois supplémentaire. La nouvelle date cible devient le début du mois d’avril.
Ce décalage n’est pas anodin. Il s’explique notamment par un incident mi-mars sur le Booster 19. Une anomalie survient lors d’un tir statique. SpaceX procède à une inspection complète. Toutefois, les équipes reprennent rapidement la campagne de préparation sans conséquences majeures déclarées.
Début avril, toujours rien : Musk annonce une troisième échéance de quatre à six semaines et vise désormais mai
Ces quatre semaines s’écoulent. Début avril, aucun décollage n’a lieu. Comme à son habitude, Elon Musk tweete une troisième échéance. Cette fois, la formulation est plus prudente : « quatre à six semaines ». Cela situe le prochain essai en mai 2026. Aucun commentaire sur les deux reports précédents.
Le bilan cumulé est saisissant. Entre fin janvier et début avril, le délai réel atteint quatorze à seize semaines. C’est l’Elon Time en action. Tesla a essuyé dix ans de promesses sur la conduite autonome. Le Falcon Heavy a volé cinq ans après sa date initiale.
Artémis III en 2027 et la mission lunaire de 2028 dépendent d’un Starship qui accumule les semaines de retard
Ces reports ne concernent pas seulement SpaceX. La NASA compte sur ce lanceur pour deux missions critiques. Artémis III, prévue mi-2027, doit tester en orbite terrestre l’amarrage entre Orion et les atterrisseurs lunaires de SpaceX et Blue Origin.
Pour Artémis IV en 2028, SpaceX et Blue Origin sont en compétition directe. Elles doivent chacune valider leur atterrisseur avant toute mission habitée. Or la NASA reconnaît publiquement des retards chez les deux compagnies. Chaque semaine perdue sur le Starship réduit les marges techniques disponibles.
La pression est donc réelle des deux côtés. SpaceX doit valider des centaines de tonnes de propergol en orbite. Blue Origin doit prouver son Blue Moon avant fin 2026. À ce rythme, la mi-2026 pourrait arriver sans nouvel essai grandeur nature. Le calendrier lunaire américain reste très fragile.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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