
Il y a deux ans, le schéma lumineux inhabituel d’une explosion cosmique avait déconcerté les astronomes. Selon de nouveaux travaux, cet évènement aurait probablement impliqué une étoile exotique et un trou noir.
Les mystérieux transitoires optiques bleus rapides
Courant 2018, un lointain flash lumineux n’avait mis que quelques jours pour atteindre son intensité maximale, contre des semaines pour les supernovas, ou explosions stellaires, typiques. Si depuis la découverte d’AT2018cow, ou plus simplement « la Vache », on a recensé une poignée d’évènements similaires, l’origine de ces transitoires optiques bleus rapides (FBOT) reste floue.
Récemment, Jialian Liu, de l’université Tsinghua, et ses collègues se sont penchés sur AT 2024wpp, ou « le Lévrier », FBOT le plus intense jamais observé, se révélant environ dix fois plus brillant que le premier.
Basée sur les données d’observatoires terrestres et de télescopes spatiaux, une analyse multi‑longueurs d’onde a essentiellement permis de préciser l’évolution de son spectre lumineux, suggérant une explosion environ six fois plus chaude que la surface du Soleil, des projections de plasma à une cinquième de la vitesse de la lumière, et une nouvelle salve de rayons X un mois après l’évènement initial, caractéristique inédite pour un FBOT.
A rapidly brightening burst of light called AT 2024wpp, or "the Whippet", is baffling astronomers. One explanation is that it is the result of an exotic star falling into a black hole https://t.co/k55236rBL0
— New Scientist (@newscientist) March 10, 2026
Festin stellaire
D’après les auteurs de la nouvelle étude, pré-publiée sur le serveur arXiv, le scénario le plus évident implique un type d’étoile exotique, dite de Wolf-Rayet. Environ 30 fois plus massive que notre astre, celle-ci aurait été dépossédée de ses couches externes d’hydrogène et constituerait le festin d’un trou noir d’environ 15 masses solaires.
La fusion initiale des deux objets aurait produit le premier sursaut lumineux, tandis qu’une partie de la matière résiduelle de l’étoile, qui orbitait le monstre cosmique, serait ensuite tombée dans la gueule de ce dernier, générant la seconde salve de rayons X.
Comme le souligne Ashley Crimes, de l’Agence spatiale européenne, il s’agit à ce jour de l’explication la plus convaincante. « L’événement semble s’être produit au sein d’une jeune galaxie, où les étoiles extrêmes à courte durée de vie, comme celles de Wolf-Rayet, sont plus courantes », détaille-t-elle. « C’est typiquement le genre d’environnements où l’on s’attendrait à observer ce type d’événement, avec un pic lumineux tardif, compatible avec une chute de matière post-fusion. »
Précédemment, des chercheurs avaient observé un autre FBOT, constituant l’explosion la plus plate jamais détectée.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: explosion, étoile, trou noir
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