Aller au contenu principal

Règle de Cope : pourquoi la sélection naturelle crée sans cesse des géants et les fait disparaître

Une tendance récurrente

Dinosaures géants
— Orla / Shutterstock.com

C’est un schéma récurrent dans l’histoire de la vie de la Terre : au fil du temps, de nombreuses lignées d’organismes tendent à devenir de plus en plus imposantes, qu’il s’agisse de grands herbivores, de cétacés, ou des humains.

Des avantages de taille… mais également des inconvénients

Cette célèbre hypothèse dans le domaine de la biologie évolutive est connue sous le nom de règle, ou loi, de Cope. Remarquée par le paléontologue américain Edward Drinker Cope au XIXe siècle, une telle tendance est particulièrement évidente chez les mammifères, mais concerne également d’autres ordres d’animaux.

Elle postule que la sélection naturelle peut favoriser les animaux de plus grande taille, car ils sont plus aptes à dominer leurs concurrents, à repousser les prédateurs et à attirer des partenaires. Mais comme l’histoire de notre planète l’a montré à de nombreuses reprises, il ne s’agit pas d’une « assurance tous risques », loin de là.

Outre des besoins énergétiques bien supérieurs, les grands animaux se reproduisent plus lentement, ont tendance à évoluer en groupes réduits, et lorsqu’un cataclysme majeur, induisant de profonds bouleversements climatiques, intervient, ils sont généralement en première ligne. Exemple littéralement frappant : l’impact de l’astéroïde de Chicxulub il y a 66 millions.

Enfermés dans une « impasse évolutive », les grands dinosaures non aviens hautement spécialisés ont rapidement disparu, tandis que les mammifères, plus petits et flexibles, se sont adaptés, occupant les niches écologiques laissées vacantes par ces géants préhistoriques, et ont rapidement prospéré.

— Gunter Nuyts / Shutterstock.com

Limites

Bien évidemment, il existe une limite à la taille que les lignées animales peuvent atteindre, expliquée par la loi du cube carré. À mesure qu’ils grandissent, le volume des représentants de ce règne augmente beaucoup plus rapidement que leur surface. Cela signifie que leurs os et tissus doivent supporter des contraintes exponentielles.

Il convient également de rappeler que la règle de Cope est une tendance récurrente mais pas universelle. Parmi les exceptions les plus connues, le phénomène de nanisme insulaire, lorsqu’une espèce donnée possède une aire géographique réduite, impliquant des ressources limitées. Ce qui s’est notamment produit sur l’île indonésienne de Flores, où évoluait un minuscule « Hobbit » il y a encore 50 000 ans.

Un certain nombre de chercheurs la considèrent également comme un biais, avec des scientifiques plus susceptibles de s’intéresser aux animaux plus grands et iconiques. En résumé : dans le domaine de l’évolution, la taille a son importance, mais c’est réellement la capacité d’adaptation des espèces qui détermine leur persistance sur le long terme.

Pour aller plus loin, découvrez l’étrange effet Dehnel, qui aide certains mammifères à survivre à l’hiver.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

Étiquettes:

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *